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POUR EN FINIR AVEC L’EXPRESSION « ISLAMISTE » ! Mérah, Nemmouche …et les autres !

Mehdi Nemmouche, principal suspect de la tuerie de Bruxelles, avait  été abandonné par son père à l’âge de trois ans et a passé son enfance et son adolescence ballotté de foyers en familles d’accueil. Il n’a jamais connu d’autorité paternelle  et sa première condamnation, pour vol avec violence, date de ses 19 ans. Avant d’être accusé d’assassinat, il avait passé plusieurs années en détention, connu plusieurs prisons françaises et c’est en prison qu’il a rencontré la religion. Il ne parle pas arabe et n’avait aucune pratique islamique avant ses vingt ans…
Mohamed Merah aussi avait été abandonné par son père, à 5 ans, après le divorce de ses parents. Le père avait été interpellé pour trafic de cocaïne, et c’est la mère, qui assurera, seule, l’éducation et la survie des enfants. Merah bascule entre la délinquance et l’oisiveté et, avant même sa majorité, il a dans son casier judiciaire 18 faits de violence. Comme Nemmouche, c’est en prison qu’il fait la découverte du Coran et qu’il s’est initié à la pratique religieuse. Si on le connait  surtout  pour sa descente sanglante dans une école juive, il est rare en revanche qu’on souligne qu’avant ce forfait, il avait  assassiné, de sang froid et en connaissance de cause, trois militaires français qui, pour leur malheur, étaient tous les trois d’origine maghrébine. Il n’en voulait donc pas qu’aux Juifs …
Abubakr Shekan, dont le mouvement, Boko Haram, signe de monstrueux massacres de musulmans, principalement, à travers le Nigéria, s’abrite plus souvent derrière des gris-gris que derrière la parole de Dieu.
Il est, nous dit-on, si souvent perdu dans les brumes de l’alcool, qu’il croit encore que l’Angleterre est toujours sous l’autorité de Margareth Thatcher.
 Les milices des Signataires par le Sang de Mokhtar Bel Mokhtar qui ont écumé le nord du Mali, exécuté ou assassiné des populations islamisées depuis des siècles, se sont enrichies et armées par des moyens prohibés par l’Islam : la prise d’otages, le trafic de stupéfiants…
Eliminer l’espace et le temps…
Qu’y a-t-il de commun entre Merah, Nemmouche, les terroristes du nord-est du Nigéria et du Sahel malien ? Le mal-vivre ? Un combat politique dévoyé et devenu pervers ? Un penchant criminel irrépressible ? Une folie meurtrière ? Nenni ! Rien de tout cela ! Ce qu’ils ont en commun c’est qu’ils sont tous des « islamistes », c’est en tout cas ce que clament les médias occidentaux et nous, comme les moutons de Panurge, nous les suivons et empruntons la même expression. Pourtant Nemmouche né aux confins de la Belgique, Mérah qui n’était presque jamais sorti du pays toulousain, le chef kanouri issu des savanes nigérianes et les rebelles arabes ou touaregs du Sahara appartiennent à des régions et à des cultures différentes, ils ne partagent même pas la même conception ni la même intimité de l’Islam  ! Qu’importe, car, comme l’avait écrit le palestino-américain Edward Said, « quand on parle de l’islam, on élimine plus ou moins  automatiquement l’espace et le temps. » Qu’importe car pour l’Occident tous les problèmes du monde musulman ne s’expliquent que par l’Islam !
Mais si Merah et les autres sont musulmans, ils ne sont pas appelés « islamiques », comme on le dit pour qualifier la culture, les arts, voire la finance. Eux sont « islamistes » et la nuance est importante. L’Islam est en effet la seule religion pour laquelle on ait inventé deux termes différents pour désigner ceux qui se revendiquent de sa mouvance, selon la nature de leur engagement et si l’on pourfend l’intégrisme religieux, on ne voit que l’intégrisme musulman. Il existe pourtant des mouvements extrémistes chrétiens ou juifs mais aucun d’entre eux n’est désigné sous les noms de « christianistes » ou « juifistes » pour les distinguer des pratiquants « orthodoxes ». On les désigne tout simplement sous le terme de « sectes » sans jamais insister sur  leurs fondements religieux, à peine reconnait-on les « sectes tueuses » et des sectes plus folkloriques. Ainsi les Chrétiens n’ont pas  à culpabiliser  des dérives de Moon ou des atrocités et des enrôlements d’enfants de l’Armée de Résistance du Seigneur en Ouganda, ou des meurtres ou suicides collectifs du Temple du Peuple (923 morts en Guyana) ou des Davidiens (87 victimes à Waco). A l’inverse, les Musulmans sont sommés de s’excuser pour les attentats commis par Aqmi  ou par quelques loups solitaires! « Chaque fois qu’un attentat est commis en France, observe en substance une Française  « issue de la diversité », je prie pour que l’auteur ne soit pas  musulman »…
Un racisme culturel ?
Le terme « islamiste » serait-il donc « une forme de reconversion du vieil racisme anti-arabe en racisme culturel » ? On a tendance à le croire lorsqu’on entend le directeur du Musée juif de Bruxelles affirmer, alors même que l’identité du coupable n’est pas prouvée, qu’il ne sert à rien  de punir Nemmouche parce qu’il s’agit d’une guerre de civilisation ! En somme la violence serait dans les gènes de l’Islam ! Cela facilite tous les dénigrements et rend  légitime le combat contre une religion jugée  intemporelle et monolithique, permettant, par exemple, au directeur d’un grand magazine français de proclamer, sans fioritures et sans risque, qu’il est « un peu islamophobe » !
Ceux que l’on appelle « islamistes » ne seraient pourtant que  quelques milliers de combattants reniés par 99% des Musulmans. Aucune autorité religieuse musulmane, de Qom à Al Azar, de La Mecque à Fez, aucun chef d’Etat de l’OCI, ne leur ont manifesté un soutien et du reste, l’islam condamne « ceux qui émiettent leur religion et se divisent en sectes » (Coran vi, 159). Ils trahissent les principes parmi les plus sacrés de l’Islam et notamment, le respect de la vie humaine  (« Ne tuez point la vie qu’Allah a rendue sacrée », Coran, XVII, 33). Leur connaissance  des idées qu’ils invoquent est superficielle ou erronée : le « djihad » est d’abord un combat intérieur et celui qu’ils mènent est dirigé contre des populations islamisées depuis des siècles ; il n’y a pas une  charia unique, codifiée et celle qu’ils cultivent abime l’héritage musulman. Il ne suffit pas de se revendiquer de l’Islam pour être musulman et, comme le rappelle Al Ghazali, prier et jeuner par ostentation n’est aucunement piété mais espèce d’idolâtrie du Moi. Par son étymologie même, Boko Haram- (qui signifierait  « l’école est illicite »)- est à l’opposé de la Tradition puisque le Prophète (psl,) enseignait qu’il faut aller chercher le savoir jusqu’en Chine !
Pourquoi donc s’évertue–t-on à rattacher à l’Islam des hommes que les Musulmans, dans leur écrasante majorité, ne reconnaissent pas  comme frères en religion ! Plutôt que de stigmatiser toute l’Umma islamique, pourquoi ne pas, solidairement, lutter contre ceux qui ternissent non l’image d’une religion, mais celle de l’homme ? Ceux qui lancent des bombes dans des foules pacifiques, ceux qui violent des femmes et des enfants, ceux qui enlèvent, enchainent et vendent d’innocentes jeunes filles, ceux qui sèment la détresse et la misère au sein de leurs communautés ne méritent pas d’être nommés en référence à l’Islam, même pas par le néologisme contesté d’ « islamistes ». Tous ceux là  ne devraient avoir droit qu’à un nom : celui de salauds !

Mohamed Talbi – Parle d’Assa7aba, des Hadiths et du voile en Islam- محمّد الطالبي

Merverveilleux, apaisant et unificateur Coran

La première déclaration des Droits de l’Homme est Islamique

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La charte du Manden ou Manden Kalikan est une retranscription d’une déclaration orale, laquelle remonterait au règne du premier souverain Sunjata Keita qui vécut de 1190 à 1255. Elle aurait été solennellement proclamée le jour son intronisation comme empereur du Mali à la fin de l’année 1236. Le texte décrit ci-dessous provient des travaux menés à partir des années 1970 par Wa Kamissoko et Yusuf Tata Cisse, est inscrit en 2009 par l’UNESCO sur la liste du Patrimoine culturel immatériel de l’Humanité.

Ce texte est  l’une des plus anciennes références concernant les droits fondamentaux. Sa reconnaissance confirmerait sa valeur juridique et sa portée universelle.

 

1. Les chasseurs déclarent :
Toute vie (humaine) est une vie.
Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie,
Mais une vie n’est pas plus « ancienne », plus respectable qu’une autre vie,
De même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.
2. Les chasseurs déclarent :
Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige réparation.
Par conséquent,
Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,
Que nul ne cause du tort à son prochain,
Que nul ne martyrise son semblable.
3. Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur son prochain,
Que chacun vénère ses géniteurs,
Que chacun éduque comme il se doit ses enfants,
Que chacun « entretienne », pourvoie aux besoins des membres de sa famille.
4. Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur le pays de ses pères.
Par pays ou patrie, faso,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes ;
Car « tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface
Deviendrait aussitôt nostalgique. »
5. Les chasseurs déclarent :
La faim n’est pas une bonne chose,
L’esclavage n’est pas non plus une bonne chose ;
Il n’y a pas pire calamité que ces choses-là,
Dans ce bas monde.
Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc,
La faim ne tuera plus personne au Manden,
Si d’aventure la famine venait à sévir ;
La guerre ne détruira plus jamais de village
Pour y prélever des esclaves ;
C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche de son semblable
Pour allez le vendre ;
Personne ne sera non plus battu,
A fortiori mis à mort,
Parce qu’il est fils d’esclave.
6. Les chasseurs déclarent :
L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,
« D’un mur à l’autre », d’une frontière à l’autre du Manden ;
La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden ;
Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden.
Quelle épreuve que le tourment !
Surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours.
L’esclave ne jouit d’aucune considération,
Nulle part dans le monde.
7. Les gens d’autrefois nous disent :
« L’homme en tant qu’individu
Fait d’os et de chair,
De moelle et de nerfs,
De peau recouverte de poils et de cheveux,
Se nourrit d’aliments et de boissons ;
Mais son « âme », son esprit vit de trois choses :
Voir qui il a envie de voir,
Dire ce qu’il a envie de dire
Et faire ce qu’il a envie de faire ;
Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme humaine,
Elle en souffrirait
Et s’étiolerait sûrement. »
En conséquence, les chasseurs déclarent :
Chacun dispose désormais de sa personne,
Chacun est libre de ses actes,
Chacun dispose désormais des fruits de son travail.
Tel est le serment du Manden
A l’adresse des oreilles du monde tout entier. 

Et si, dans le sillage du Pr Talbi, on initiait la nécessaire réforme de l’islam?

Mohamed Talbi Liman yajro Faqat Banniere

Les musulmans sont invités à se fier à leur propre compréhension du Coran et à cesser de suivre les monstrueuses interprétations qu’en font les imams obscurantistes.

Par Rachid Barnat

Il aura suffit que le Pr Mohamed Talbi s’exprime à propos du vin et dise sa «lecture» des sources, c’est-à-dire les sourates du Coran, pour que les enturbannés de tous poils et les médias montent au créneau pour dire haro sur le baudet, certains invoquant l’apostasie et ce qu’elle implique: c’est-à-dire la mise à mort ! Rien que ça!!

Où étaient-ils tous ces zélés défenseurs de l’islam quand, quotidiennement, des pseudos imams cathodiques et autres prédicateurs pondaient des «fatwas» (lois religieuses), relayées par les réseaux sociaux, plus monstrueuses les unes que les autres, si elles n’étaient pas grotesques, traduisant souvent les complexes existentiels et sexuels de leurs auteurs? Où étaient-ils quand des charlatans obscurantistes venus d’Arabie envahissaient nos mosquées pour diffuser le wahhabisme? (Un sommaire en images – VTR – d’imams wahhabites dictant des fatwas, absurdes, illustrant l’obscurantisme contre lequel le Pr Talbi lutte, était diffusé lors du débat avec lui!)

Les dérives de l’islam obscurantiste

Quant à l’opportunité d’un tel débat, que certains jugent accessoire alors que l’Etat islamique (Daêch) est aux portes de la Tunisie et que les Tunisiens souffrent dans leur quotidien de tant de problèmes matériels, je pense, au contraire, qu’il était temps d’ouvrir le débat à propos de l’islam. C’est devenu nécessaire depuis que les Frères musulmans se sont emparés des révolutions des jeunes du «Printemps arabe», pour mettre l’identité religieuse des Tunisiens au centre de tout débat public et à la place de leurs revendications: liberté, dignité et travail, avec l’idée de les convertir au wahhabisme au prétexte qu’ils auraient perdu leur identité arabo-musulmane!

La situation actuelle est bien due aux dérives d’un islam obscurantiste qui a touché tous les pays du «Printemps arabe» et bien au-delà ! Pour lutter contre l’obscurantisme, il faut que les musulmans se réapproprient leur religion, lisent le Coran et raisonnent par eux-mêmes pour ne plus se fier aux fatwas les plus débiles. C’est en tous cas le but recherché par le Pr Talbi auprès de ses concitoyens.

Tout compte fait, tant mieux que le Pr Talbi ait suscité malgré lui cette tempête médiatique qui, semble-t-il, a secoué les imams partout dans le monde, pour dire haut et fort STOP à la surenchère des islamistes qui veulent imposer la charia, corpus de lois dites religieuses pondues durant les 3 premiers siècles de l’islam, et qu’ils sacralisent au point de faire oublier aux croyants le Coran !

De quoi s’agit-il? Le Pr Talbi, qui préside l’Association internationale des musulmans coraniques (AIMC), a eu à débattre du vin et de la prostitution avec les membres de son association. Du débat, texte coranique à l’appui, il résulte que l’interdiction formelle de la consommation du vin et de la prostitution volontaire, ne sont pas interdites; et donc ne sont pas «haram» au sens du péché mortel !

Hassen Ghodhbani et Mohamed Talbi 2

Hassen Ghodhbani ne laisse pas parler Mohamed Talbi: l’inquisition dans toute sa splendeur!

La direction de la chaîne de télévision El-Hiwar Ettounsi (Débat tunisienne), en course à l’audimat, a flairé un «bon coup» et invité le Pr Talbi chez Elyes Gharbi dans son émission ‘’7/24 » pour s’expliquer. Ce fût un ratage total, frustrant pour beaucoup de téléspectateurs restés sur leur faim faute d’avoir laissé s’exprimer le Pr Talbi, à cause d’un avocat islamiste impoli, Hassen Ghodhbani, qui l’empêchait de parler, sous le regard complice de l’animateur et du journaliste Mohamed Boughalleb présent sur le plateau!

Une télévision avide de sensationnalisme

La direction voulant se rattraper, et sûrement pour exploiter «le filon Talbi», l’invite à nouveau dans l’émission  »Labes » (Comment ça va) de Naoufel Ouertani et  »Liman yajro’ faqat » (Réservé uniquement à celui qui ose !) de Samir El-Wafi, copie de ‘‘Salut les terriens’‘, de Thierry Ardisson. C’est dire si elle est axée sur le sensationnalisme et le spectacle… plus vendeurs en termes d’audimat!

D’emblée, le Pr Talbi a pris ses dispositions vis-à-vis de l’animateur de l’émission, le prévenant qu’il se retirera si on l’empêchait de s’exprimer ou qu’on lui coupait la parole. Cette fois-ci, même si l’on peut regretter les facilités et les digressions inutiles, le Pr Talbi a pu s’exprimer.

L’islamologue s’attendait à une émission axée sur le vin, qui a suscité tant de réactions souvent violentes, était déçu, lui, qui s’était préparé en bon universitaire à justifier ses conclusions, «sourates» (versets du Coran) à l’appui ! Mais l’émission n’étant pas «culturelle», le présentateur se devait de titiller l’invité pour amuser les téléspectateurs!

Bon joueur, le professeur s’est prêté intelligemment au jeu. Quand Samir El-Wafi a tenté de le taquiner qu’à 93 ans il ait encore le goût des femmes, notre cher professeur pédagogue lui a rappelé que la beauté est un don de dieu, par conséquent il ne faut ni la cacher ni en avoir honte comme l’avait fait Abou Hourayra, qui avait décrété de couvrir entièrement les femmes parce que tout leur corps, de la tête au pied, est une «awra» (disgracieux, honteux !), ne lui permettant qu’un trou dans son voile au niveau de l’oeil gauche pour voir!

Méthodique, le Pr Talbi a refusé de se laisser entraîner sur un autre chapitre concernant la prostitution, ne souhaitant s’en tenir qu’à la question du vin, raison pour laquelle il était l’invité de l’émission. Le présentateur, avide de sensationnalisme, a tenté en vain d’exploiter la nouvelle pierre jetée par le professeur dans la mare des traditions religieuses qui proscrivent et punissent sévèrement la prostitution. Le Pr Talbi s’est contenté d’affirmer que nulle part dans le Coran la chose n’est interdite ni surtout que celui-ci mentionne les châtiments que des hommes se sont arrogés le droit de décréter au nom d’Allah à l’encontre de la prostituée. Affirmant que l’islam est pour la liberté sexuelle !

Il rappelle une fois de plus son droit à la liberté d’expression et de compréhension du Coran. Par conséquent, il réfute la charia et les avis de tous les imams, Farid El-Béji compris. Rappelant sans cesse sa devise: «Ma religion c’est ma liberté». Il n’en dira pas plus, car il est en train de rédiger un livre auquel il réserve ses analyses et ses explications du texte coranique, à propos de cette question et de la sexualité en général, s’excusera-t-il.

Comme invités autour du Pr Talbi, il y avait le cheikh Farid El-Béji, Youssef Seddik, Ridha Belhaj, chef du parti salafiste Hizb Tahrir, et Hassen Ben Othman.

Mohamed Talbi Labess

On invite l’islamologue érudit sur le plateau pour le tourner en dérision et faire rire la galerie à ses dépens!

Règles «religieuses» inventées par l’homme

Le Pr Talbi va mettre en évidence le fait que de nombreuses règles que les musulmans prennent pour des règles religieuses, ne sont que la création des hommes.

Il rappelle la guerre qui a duré un siècle entre les adeptes de l’imam Mâlik Ibn Anas et l’imam Al-Chafîi. C’est dire qu’à l’intérieur même de la charia il y a des oppositions d’interprétation.

Il va donner une analyse claire et historique de l’élaboration de l’islam par les premiers hommes de pouvoir, en rappelant que durant un siècle les premiers musulmans avaient vécu sans charia! Quant aux matériaux dont se sont servis les théologiens pour établir la charia régissant leur époque, ce sont le Coran et les hadiths (Citations) du prophète!

A propos du Coran, le Pr Talbi rappelle qu’il a été amputé de certains passages qui ne convenaient pas au Calife qui, voulant transmettre le pouvoir à son fils, avait instauré le système dynastique des califes!

A propos des hadiths transmis à l’aube de l’islam uniquement par voie orale, le Pr Talbi rappelle qu’ils n’ont été consignés par écrit et regroupés sur ordre du calife Omar que des années après la mort du prophète. C’est dire le doute que l’on peut avoir quant à leur authenticité comme «documents», d’autant que la chaîne de leurs rapporteurs et transmetteurs peut faire douter de la fiabilité de certains d’entre eux, et douter même du nombre des hadiths «réels» et «véridiques» qui pour certains n’excéderaient pas la centaine alors que, pour d’autres, ils seraient de l’ordre de 600 hadiths.

Par ailleurs, les écrits qu’ont légués les premiers musulmans manquaient de ponctuation, ce qui compliquait parfois la lecture d’un mot quand on veut le ponctuer pour une meilleur lisibilité: car une lettre peut prendre la place d’une autre par le fait qu’elle soit ponctuée au-dessus ou au-dessous… ce qui change totalement le mot et par conséquent la compréhension d’une phrase. D’où les interprétations diverses et variées toujours subjectives de la part des théologiens.

Constats historiques du savant Talbi qui justifient ses doutes et sa propre lecture du Coran. Par conséquent, a-t-il dit à ses opposants sur le plateau, Farid El-Béji et Ridha Belhaj: «Vous avez votre vérité; et j’ai la mienne. Je n’ai pas à vous imposer la mienne comme vous n’avez pas à m’imposer la votre»!

Ridha Belhaj s’est mis en colère devant la négation de la charia par le Pr Talbi. Celui-ci s’est étonné, à juste raison, de la présence d’un chef de parti qui instrumentalise la charia à des fins politiques dans un débat entre intellectuels.

Farid El-Béji, s’excusant auprès du Pr Talbi d’avoir recommandé son internement en asile psychiatrique après sa déclaration que le Coran n’interdisait pas la consommation du vin, explique qu’il l’a traité de fou pour le préserver des fous d’Allah, qui l’auraient tué pour apostasie, la folie rendant l’individu irresponsable de ses dires et de ses actes.

La liberté d’interprétation du texte sacré

Depuis le début de l’émission, Youssef Seddik semblait mal à l’aise, regrettant même d’être venu. Mais à la fin, il a convenu que l’islam a besoin d’une refonte totale compte tenu de sa fabrication par les hommes qui voulaient l’adapter à leurs époques. Pour cela il revendique le droit pour tout musulman de relire et d’interpréter le Coran de son point de vue personnel et avec un regard neuf, en dehors de toute source traditionnelle.

Il serait temps selon lui que les musulmans d’aujourd’hui en fassent autant, en s’appuyant sur les sciences, les technologies et le savoir actuel pour adapter l’islam à notre époque, conclut-il.

Par conséquent, lui aussi rejette la charia qu’il juge désuète, comme il rejette aussi celle du cheikh Fadhel Ben Achour qui n’était qu’un lifting de ce vieux corpus que certains voudraient à tort sacraliser, mais pas lui, affirme-t-il.

Pour finir, le Pr Talbi invite les musulmans pratiquants à lire le Coran et à se fier à leur propre compréhension en s’aidant de dictionnaires… mais surtout de cesser de suivre les yeux fermés les interprètes du Coran qui se sont installés représentant d’Allah auprès des musulmans pour leur dicter ce qu’ils doivent faire ou ne pas faire et leur inculquer le «halal» et le «haram»… comme le font les wahhabites.

Comment ne pas apprécier cette proposition? Oui, il faut mettre un terme au pouvoir de certains hommes qui abusent du pouvoir qu’on leur prête pour parler au nom de Dieu. Que la Tunisie, qui a déjà donné tant de réformes importantes au monde arabe prenne, ce chemin de réforme; ce serait excellent. N’oublions pas que partout dans le monde des intellectuels éminents conviennent que l’islam doit se reformer.

Peut-être les Tunisiens remercieront-ils un jour le Pr Talbi d’avoir mis en mouvement cette réforme.

Blog de l’auteur.

RAPPEL AUX HADITHISTES !!

«Et quiconque s´aveugle (et s´écarte) du rappel du TOUT MISERICORDIEUX, NOUS lui désignons un diable qui devient son compagnon inséparable.

Ils (les diables) détournent certes [les hommes] du droit chemin, tandis que ceux-ci s´estiment être bien guidés.»
(Sourate 43, Versets 36 et 37)

«Que le diable ne vous détourne point, car il est pour vous un ennemi déclaré.»
(Sourate 43, Verset 62)

«Ceux qui sont revenus sur leurs pas après que le droit chemin leur a été clairement exposé, le diable les a séduits et trompés.»
(Sourate 47, Verset 25)

« Alors chaque âme viendra accompagnée d’un conducteur et d’un témoin.

«Tu restais indifférent à cela. Et bien, Nous ôtons ton voile; ta vue est perçante aujourd’hui.

Et son compagnon dira : «Voilà ce qui est avec moi, tout prêt».

«Vous deux, jetez dans l’Enfer tout mécréant endurci et rebelle,

acharné à empêcher le bien, transgresseur, douteur,

celui qui plaçait à côté d’ALLAH une autre divinité. Jetez-le donc dans le dur châtiment».

Son camarade (le diable) dira : «SEIGNEUR, ce n’est pas moi qui l’ai fait transgresser. Mais il était déjà dans un profond égarement».

Alors [ALLAH] dira : «Ne vous disputez pas devant MOI. Alors que JE vous ai déjà fait part de la menace.

Chez MOI, La parole ne change pas; et JE n’opprime nullement les serviteurs».

Le jour où NOUS dirons à l’Enfer «Es-tu rempli?». Il dira: «Y en a-t-il encore?»»
(Sourate 50, Versets 21 à 30)

Coran, sourate Al-An’am (no 6), versets 112-113 :
Nous avons permis aux ennemis de chaque prophète diables parmi les hommes et les djinns de s’inspirer aux uns et aux autres des paroles fantaisistes, dans le but de tromper. Si ton Seigneur avait voulu, ils ne l’auraient pas fait. Tu dois les ignorer eux et leur fabrications.
C’est pour laisser les esprits de ceux qui ne croient pas en l’Au-delà écouter de telles fabrications et les accepter, et ainsi exposer leurs réelles convictions.

Le procès fait à Mohamed Talbi: Jeux du cirque ou débat constructif?

Mohamed Talbi Banniere

La télévision spectacle touche le fond quand des animateurs malintentionnés veulent se payer un grand intellectuel, l’islamologue Mohamed Talbi en l’occurrence…

Par Rachid Barnat

Ces animateurs pensent faire l’audience en ridiculisant ce grand intellectuel, alors que c’est lui qui les ridiculise en se mettant au-dessus de leur manège et de celui de leur «invité-contradicteur», Hassen Ghodhbani, avocat de son état mais aboyeur à souhait, gueulant, pensant intimider le Pr Mohamed Talbi… qui, ne pouvant plus parler, la parole lui étant coupée à chaque mot ou phrase qu’il prononçait, a fini par adopter la position du spectateur pour bien montrer à ses hôtes et à leur invité qu’ils se donnent en spectacle comme dans un cirque !!

Dommage pour les téléspectateurs que cette chaîne ( »Al-Hiwar Ettounsi », Dialogue tunisien, la mal nommée!) n’ait pas pris au sérieux le débat lancé par le Pr Talbi à propos du vin, pour lui consacrer un plateau plus digne de lui avec des hommes d’un bon niveau culturel et surtout plus honnêtes intellectuellement!

Car à travers la question relative au vin, le Pr Talbi voulait secouer les Tunisiens pour qu’ils reviennent à la source de l’islam, le Coran, pour suivre ses directives, sans passer par des interprètes autoproclamés qui s’arrogent le droit de faire dire à Dieu ce qu’il n’a pas dit.

Hassen Ghodhbani et Mohamed Talbi 2

L’«invité-contradicteur» qui ne laisse personne parler sur le plateau.

Excédé par Hassen Ghodhbani et par son arrogance, qui trahit son ignorance, le Pr Talbi a refusé de débattre avec ce grossier personnage. Il s’est contenté de le renvoyer à ses livres qu’il a rédigé durant une bonne cinquantaine d’années… pour dépoussiérer une religion que la charia et ceux qui la prônent veulent maintenir dans l’obscurantisme médiéval.

Dommage que le présentateur, Elyes Gharbi, n’ait pas mieux maîtrisé son encombrant invité qui empêchait le Pr Talbi de s’exprimer: ç’aurait été plus utile pour les téléspectateurs, que d’entendre un abruti imbu de son ignorance pérorer, crier… voulant impressionner et convaincre les téléspectateurs par son attitude.

Il est clair que Elyes Gharbi et son acolyte journaliste ont invité le Pr Talbi pour le donner en spectacle et le ridiculiser; et non pour lui donner la parole pour justifier son propos et mettre en garde les Tunisiens contre les tartufes, les grandes gueules ignorantes et autres charlatans de la religion, qui prêchent l’obscurantisme en aboyant pour impressionner et intimider les ignares, laissant l’avocat Hassen Ghodhbani mener le débat comme s’il était dans un tribunal pour juger le Pr Talbi.

En réalité, ils ont voulu faire passer le Pr Talbi pour un «fou» à l’instar de l’imam Zeitounien Férid El-Béji; ou pire pour un gâteux qu’ils pensaient tourner en bourrique! Ce sont les procédés lamentables que l’on emploie quand on n’a pas d’arguments sérieux à faire valoir. Ne dit-on pas «Qui veut tuer son chien, prétend qu’il a la rage»!!

Quand donc aura-t-on l’intelligence et le savoir vivre pour débattre sereinement?

Finalement, les téléspectateurs ont bien vu la chose; et ceux qui sont déshonorés ce n’est sûrement pas le Pr Talbi, mais bien les deux animateurs et leur aboyeur de service, l’islamiste qui a usé de la méthode bien rodée des Frères musulmans qui, pour occuper le terrain, gueulent plus fort à fin d’empêcher leurs contradicteurs de s’exprimer.

Cet avocat se croyait dans une enceinte judiciaire à faire ses effets de manche, comme s’il plaidait pour un voleur de poule. Sait-il seulement que rien n’empêche de débattre avec calme et courtoisie?

Un débat qui aurait dû se faire dans le calme et le respect, qui aurait pu faire avancer l’état de la question, s’est transformé en jeux du cirque. Personne n’y a gagné ni la télévision et ces animateurs, ni la qualité du débat.

Et puisque ces animateurs TV incultes n’ont pas permis ce débat, donnons-en les termes pour permettre aux lecteurs de se faire leur propre opinion et apprendre ce qu’est le Coranisme par l’exemple.

Le vin est-il «haram» ou pas? Telle était la question qui a soulevé un tolet médiatique contre le Pr Talbi.

Ne peut-on être assez raisonnable pour se poser calmement cette question? L’honnêteté intellectuelle du Pr Talbi est de rapporter fidèlement ce que dit le Coran à propos du vin, mettant l’accent sur la liberté du croyant de boire ou de ne pas boire en faisant appel à sa raison et sa responsabilisation! Une conclusion qui s’impose à tout lecteur honnête du Coran : il n’est nul part écrit que la consommation du vin est interdite, donc «haram»! Autrement dit, l’interdiction de toute consommation de vin et d’alcools, est une décision prise par les hommes et n’émane aucunement d’Allah !

Un exemple parmi tant d’autres, qui démontre la raison d’être de l’association du Pr Talbi qui veut revenir au texte coranique pour ne plus broder sur des conclusions faites par des théologiens, elles-mêmes commentées maintes fois durant 14 siècles, au point que leurs discours finissent par remplacer le Coran et font dire à Allah ce qu’il ne dit pas!

D’ailleurs, il est désolant aussi qu’un cheikh zeitounien comme Férid El-Béji qu’on croyait honnête intellectuellement, ne trouve rien de mieux pour contester les conclusions du Pr Talbi, que de l’accuser d’hérésie et de recommander son internement en asile psychiatrique pour folie!

Est-ce faute d’arguments que notre cheikh s’en est pris au Pr Talbi de la sorte?

Ou est-ce sa crainte de décevoir les nouveaux convertis au wahhabisme, qu’il ne veut pas effaroucher en remettant en cause un interdit formel par le wahhabisme?

Hassen Ghodhbani et Mohamed Talbi

Hassen Ghodhbani le contradicteur gueulant de Mohamed Talbi.

En tous cas, dire de quelqu’un qu’il est fou parce qu’il exprime un avis contraire au sien, est signe de faiblesse et de rigidité intellectuelle.

On s’attendait à mieux de la part d’un zeitounien! Dommage!

Quelle déception de voir que ni les médias ni les imams ne veulent aider les fidèles à penser par eux-mêmes! Les responsables des TV ne pourraient-ils pas organiser des débats d’un autre niveau et plus dignes, dont les téléspectateurs leur seraient reconnaissants?

Blog de l’auteur.

Vidéo de l’émission sur Ettounsia TV.

Dr Al Ajami. Lire le Coran sans médiation de connaissance

Marika El Haki – explique le port du voile dans l’Islam

http://www.dailymotion.com/video/x2ccamb

 

Marika El Haki nous donne la définition du port du voile islamique qui ne correspond pas à l’explication habituelle sur le sujet.

Les Berbères selon Ibn Khaldûn…

« Des talents que la race berbère a déployés, tant dans les temps anciens que de nos jours, et des nobles qualités par lesquelles elle s’est élevée à la puissance et au rang de Nation ».

En traitant de la race berbère, des nombreuses populations dont elle se compose, et de la multitude de tribus et de peuplades dans laquelle elle se divise, nous avons fait mention des victoires qu’elle remporta sur les princes de la terre, et des luttes avec divers empires pendant des siècles, depuis ses guerres en Syrie avec les enfants d’Israël et sa sortie de ce pays pour transporter en Ifrikïa et en Maghreb.

Nous avons raconté les combats quelle livra aux premières armées musulmanes qui envahirent l’Afrique; nous avons signalé les nombreux traits de bravoure qu’elle déploya sous les drapeaux de ses nouveaux alliés, et retracé l’histoire de Dihya-t-el-Kahena, du peuple nombreux et puissant qui obéissait à cette femme, et de l’autorité qu’elle exerça dans l’Auras, depuis les temps qui précèdent immédiatement l’arrivée des vrais croyants jusqu’à sa défaite par les Arabes.

Nous avons mentionné avec quel empressement la tribu de Miknaça se rallia aux musulmans; comment elle se révolta et chercha un asile dans le Maghreb-el-Acsa pour échapper à la vengeance d’Ocba-Ibn-Nafè, et comment les troupes du Khalife Hicham la subjuguèrent plus tard dans le territoire du Maghreb. “Les Berbères, dit Ibn-Abi-Yezid, apostasièrent jusqu’à douze fois, tout en Ifrikïa qu’en Maghreb; chaque fois, ils soutinrent une guerre contre les Musulmans, et ils n’adoptèrent définitivement l’islamisme que sous le gouvernement de Mouça-Ibn-Noceir”; ou quelque temps après, selon un autre récit.

Ayant indiqué les régions du Désert habitées par les Berbères, ainsi que les châteaux, forteresses et villes qu’ils s’étaient bâtis, tels que Sidjilmessa, les bourgades de Taout, de Tîgourarin, de Figuig, de Mozab, de Ouargla, du Righa, du Zab, de Nefzaoua, d’El-Hamma et de Ghadems ; ayant parlé des batailles et des grandes journées dans lesquelles ils étaient distingués ; des empires et royaumes qu’ils avaient fondés ; de leur conduite à l’égard des Arabes Hilaliens, lorsque ceux-ci envahirent l’Ifrikïa au cinquième siècle de l’hégire; de leur procédés envers les Beni-Hammad d’El-Calâ, et de leurs rapport tantôt amicaux, tantôt hostiles ; ayant mentionné les concessions de territoire que les Beni-Bâdin obtinrent des Almohades dans le Maghreb, et raconté les guerres que firent les Beni-Merîn aux successeurs d’Abd-el-Moumen, nous croyons cité une série de faits qui prouvent que les Berbères ont toujours été un peuple puissant, redoutable, brave et nombreux ; un vrai peuple comme tant d’autres dans le monde, tels que les Arabes, les Persans, les Grecs et les Romains.

Telle fut en effet la race Berbère ; mais, étant tombée en décadence, et ayant perdu son esprit national par l’effet du luxe que l’exercice du pouvoir et l’habitude de la domination avaient introduit dans son sein, elle a vu sa population décroitre, son patriotisme disparaitre et son esprit de corps et de tribu s’affaiblir au point que diverses peuplades qui la composent sont maintenant devenues sujets d’autres dynasties et ploient, comme des esclaves, sous le fardeau des impôts.

Pour cette raison, beaucoup de personnes ont eu de la répugnance à se reconnaitre d’origine berbère, et cependant on n’a pas oublié la haute renommée que les Auréba et leur chef Koceila s’acquièrent à l’époque de l’invasion musulmane. On se rappelle aussi la vigoureuse résistance faite par les Zenata, jusqu’au moment où leur chef Ouezmar-Ibn-Soulat fut conduit prisonnier à Médine pour être présenté au khalife Othman-Ibn-Affan. On n’a pas oublié leurs successeurs, les Hoouara et les Sanhadja, et comment les Ketama fondèrent ensuite une dynastie qui subjugua l’Afrique occidentale et orientale, expulsa les Abbacides de ce pays et gagna encore d’autres droits à une juste renommée.

Citons ensuite les vertus qui font honneur à l’homme et qui étaient devenues pour les Berbères une seconde nature ; leur empressement à s’acquérir des qualités louables, la noblesses d’âme qui les porta au premier rang parmi les nations, les actions par lesquelles ils méritèrent les louanges de l’univers, bravoure et promptitude à défendre leurs hôtes et clients, fidèles aux promesses, aux engagements et aux traités, patience dans l’adversité, fermeté dans les grandes afflictions, douceur de caractère, indulgence pour les défauts d’autrui, éloignement pour la vengeance, bonté pour les malheureux, respects pour les vieillards et les hommes dévots, empressement à soulager les infortunés, industrie, hospitalité, charité, magnanimité, haine de l’oppression, valeur déployée contre les empires de la terre, dévouement à la cause de Dieu et de sa religion ; voilà, pour les Berbères, une foule de titres à une haute illustration, titres hérités de leurs pères et dont l’exposition, mise par écrit, aurait pu servir d’exemple aux nations à venir.

Que l’on se rappelle seulement les belles qualités qui portèrent au faîte de la gloire et les élevèrent jusqu’aux hauteurs de la domination, de sorte que le pays entier leur fut soumis et que les ordres rencontrèrent partout une prompte obéissance.

Parmi les plus illustres Berbères de la première race, citons d’abord Bologguîn-Ibn-Zîri le Sanhadjien qui gouverna l’Ifrikïa au nom des Fatemides ; nommons ensuite Mohammed-Ibn-Khazer et son fils El-Kheir, Arouba-Ibn-Youçof-el-Ketami, champion de la cause d’Obeid-Allah-es-Chîi, Youçof-Ibn-Tachefin, roi des Lemtouna du Maghreb, et Abd-el Moumen-Ibn-Ali, grand cheikh des Almohades et disciple de l’imam El-Mehdi.
Parmi les Berbères de la seconde race on voit figurer plusieurs chefs éminents qui, emportés par une noble ambition, réussirent à fonder des empires et à conquérir le Maghreb central et le Maghreb-el-Acsa. D’abord, Yacoub-Ibn-Abd-el-Hack, sultan des Beni-Merîn; puis, Yaghmoracen-Ibn-Zîan, sultan des Ben-Abd-el-Ouad; ensuite, Mohammed-Ibn-Abd-el-Caouï-Ibn-Ouzmar, chef des Beni-Toudjîn. Ajoutons à cette liste le nom de Thabet-Ibn-Mendil, émir des Maghraoua établis sur le Chélif, et celui d’Ouzmar-Ibn-Ibrahim, chef des Beni-Rached ; tous princes contemporains, tous ayant travaillé, selon leurs moyens, pour la prospérité de leur peuple et pour leur propre gloire.

Parmi les chefs berbères voilà ceux qui possédèrent au plus haut degré les brillantes qualités que nous avons énumérées, et qui, tant avant qu’après l’établissement de leur domination, jouirent d’une réputation étendue, réputation qui a été transmise à la postérité par les meilleures autorités d’entre les Berbères et les autres nations, de sorte que le récit de leurs exploits porte tous les caractères d’une authenticité parfaite.

extrait de l’ouvrage de Ibn-Khaldoun, dans Histoire des Berbères et des dynasties de l’Afrique Septentrionale, Tome I, Traduit par Le Baron de Slane et Paul Casanova, Librairie Orientaliste, Paris 1978, pages 198-301

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