l’alcool et le coran

Le Coran n’a pas interdit catégoriquement l’alcool, il nous a recommandé de l’éviter :

يقول الله تعالى ((يأيها الذين آمنوا انما الخمر و الميسر و الانصاب و الازلام رجس من عمل الشيطان فاجتنبوه لعلكم تفلحون. انما يريد الشيطان أن يوقع بينكم العداوة و البغضاء في الخمير و الميسر و يصدكم عن ذكر الله و عن الصلاة فهل أنتم منتهون))

 

Les objectifs de la révélation coranique (Esbab Enouzoul) vise une organisation sociale et culturelle des populations tribales d’antan basée sur le principe de ne point faire de préjudice ni à autrui ni à soi-même (Lè Dhararon walè Dhirar).
L’islam a combattu les abus tout en annonçant l’avènement d’une société post barbare qui met fin à certaines pratiques et en introduisant des nouvelles valeurs tel que l’hygiène, le respect d’autrui, le pardon, la tolérance, l’amour de son prochain, l’assistance au nécessiteux, la décision collégiale des affaires..etc

Quant au vin il a été cité trois fois dans Coran :

Primo, dans la Sourate An-Nisâ (Les Femmes) verset « 43″ :
« Ne vous approchez pas de la prière pendant que vous êtes ivre afin que vous seriez conscient de ce que vous implorer. Aussi lorsque vous venez de faire un acte conjugal et entre temps vous vous n’êtes pas lavé ».
Il est bien claire que c’est un texte qui vient organiser la prière (Salât) et il n’interdit en aucun cas le vin.. le verset « 43″ est un texte organisationnel du rituel de la Salât.

Secundo, dans la Sourate Al- Baqara (La Vache) verset « 219″ :
«On vous interroge sur le vin et les jeux de hasard».
Dis :’’ il y a des méfaits et des bienfaits et leurs méfaits surplombent leurs bienfaits ‘’ .
On voit bien ici l’approche moraliste du Coran pour une utilisation modéré du vin et des jeux, comme Dieu le confirme dans la Sourate Al-A’Râf’ verset « 31″:
« Ô enfants d’ Adam, dans chaque lieu de Salât portez votre parure (vos beaux habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il (Allah) n’aime pas ceux qui commettent des excès ».
Il s’avère aussi que les bienfaits consistent à ce que le vin provient d’une culture employante, cette culture met en valeur les terres pauvres et squelettiques, une culture industrielle, le vin est un produit surtaxé qui ne suscite pas les contestations des consommateurs et en même temps cette taxe aide à combler le déficit du budget de l’état..

Tertio, dans la Sourate Al-Mâ’ida (Le festin) versets 90&91 ‘’
[90] Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’un acte malsain du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez »..
[91] Le Diable veut, à travers le vin et le jeu de hasard, créer entre vous la haine et le dédain, et vous détourner d’invoquer Allah et d’observer la Salât. Allez-vous donc y mettre fin (à cette question)? « 

Avant la révélation des versets 90&91 de la sourate ‘’Le Festin’’ Omar Ibn Al-KHatab n’a pas arrêté de supplier le Prophète Mahomed en priant pour que Allah nous fait savoir une réponse rassurante à propos du vin (Bêyèn lana fi el-khamra bayènèn chêfiène) après la révélation de ces versets Omar a répondu ‘’ On a terminé, on a terminé’’.
On voit bien que dans la réponse de Dieu est venu suite à l’instance de l’orthodoxie des, Sahaba, compagnons du Prophète, Dieu énumère les impactes négatifs du vin en même temps Allah dit au verset [87] de la même Sourate. « Ô les croyants: ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu’ Allah vous a rendues licites. Et ne transgressez pas. Allah, (en vérité,) n’aime pas les transgresseurs »

Dans un Hadith du Prophète lors de la préparation d’une mission de courtoisie vers le Yémen où Abou Moussa et Mouâdh fussent élues comme messagers ils ont dit alors au Prophète « les gens du Yémen ont des boissons à base de céréale est ce que on boit ? » Alors le Prophète a dit « Buvez mais ne vous vous soûlez pas » (voir Bidayet el moujthed wa nihayet el moqtaced d’el Qortoubi fi bab kiteb el a-tîma wa el a-chriba)

Donc l’islam a interdit l’utilisation abusive du vin et la dépendance à l’alcool considéré comme un fléau dévastateur responsable de tant de malheur.

14 commentaires à “l’alcool et le coran”


  1. 0 Ali 22 mar 2010 à 3:55

    Salam alaykum frère en islam
    Je suis en train de lire avec attentions tes articles, il y a de très bonnes choses je pense notamment à l’article sur la prière auquel je rajouterai un paragraphe sur les 5 prières dont les temps sont également défini par le coran :
    20:130: Supporte patiemment ce qu’ils disent et célèbre Sa louange, avant le lever du soleil, avant son coucher et pendant la nuit; et exalte Sa Gloire aux extrémités du jour. Peut-être auras-tu satisfaction:
    -Fajr : « avant le lever du soleil » – dhor et asr : « aux extrémités du jour »
    - magreb : « avant son coucher » – isha : « pendant la nuit »

    Je ne suis pas contre pas d’accord avec certaine de tes interprétations :
    « Le Coran n’a pas interdit catégoriquement l’alcool, il nous a recommandé de l’éviter »

    [90] Ô les croyants! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’un acte malsain du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez”..
    [91] Le Diable veut, à travers le vin et le jeu de hasard, créer entre vous la haine et le dédain, et vous détourner d’invoquer Allah et d’observer la Salât. Allez-vous donc y mettre fin
    Je ne vois pas en quoi ces deux versets tolèreraient la consommation d’alcool ??? « ne sont qu’un acte malsain du Diable. Ecartez-vous en » je ne vois pas non plus le rapport entre « Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination » et le verset que tu cites pour appuyer ton argumentation : « Ô les croyants: ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu’Allah vous a rendues licites. »
    « Le vin, le jeu de hasard les pierres dressés et flèches de divination » Peut on dire de ses dernières qu’elles nous ont pas été catégoriquement interdites qu’il nous est juste recommandé de les éviter, autrement dit de juste ne pas en abusé ???
    Le souci c est que reconnaitre cette interdiction serait reconnaitre qu’il peut exister dans le coran des versets abrogés chose que tu te refuses de croire pour une raison qui « m’échappe »…
    Tout le monde sait que le coran n’a pas été révélé aux musulmans en un seul jour, que certaine interdiction sont venu par étape comme se fut le cas pour l’alcool, et la présence des versets abrogés à ce sujet est une démonstration de la sagesse de la pédagogie et de la miséricorde de Dieu envers ses sujets tout simplement, en nous montrant l’acheminement qui mena a l’interdiction catégorique de l’alcool.
    Je trouve intéressant cet approche de l’islam en prenant pour seul source le coran mais il faut prendre garde de ne pas tombé dans le sectarisme tout d’abord en se donnant des étiquettes : « coranistes » et ensuite en condamnant catégoriquement les musulmans ne pensant pas comme soi.
    Cette approche de l’islam justement se voudrai plus tolérante plus ouverte car épuré de tout les détails qui furent rajouté par les hadiths et qui sont sujet à contradiction et donc à division chez les musulmans etc.
    L’un des dangers par contre s’est de pousser l’interprétation plus loin que la ou nous mène les versets ; cherchant alors à interpréter le coran selon notre désir et non selon la moral, c’est pourquoi il faudrait se montrer prudent remettre en cause les idées reçues c est bien mais restons objectif !

    Un autre facteur que tu sembles avoir oublier c est l’interprétation se trouvant dans la traduction du coran en français laquelle se trouve tiré des hadiths, donc si tu veux être objectif et te référer uniquement au texte du coran il va falloir revoir un bon nombre de verset traduit

    mon adresse email pour toute correspondance: ali-1983@hotmail.fr

    fraternellement

    salam

  2. 1 k 12 août 2011 à 19:59

    salam,

    L’alcool est strictement interdit, c’est tres clair, il ne faut pas jouer sur les mots. Quand aux hadith, oublie, tout musulman qui se respecte sait que les hadith sont un outil provenant du diable pour égarer loin du sentier d’allah.

    Une précision sur  » Ne vous approchez pas de la prière pendant que vous êtes ivre afin que vous soyiez conscient de ce que vous implorer. » , içi il faut faire preuve de sagesse et de discernement.
    Un musulman reste un homme , il peut faire des erreurs, allah dit c’est interdit, néanmoins il est pardonneur si on demande pardon et si on change notre attitude, ainsi un mùusulman qui aurait bu de l’alcool ne peut etre considéré comme faux musulman du jour au lendemain. Voilà pk on précise, si cela arrive, n’allait pas prier dans l’etat d’ivresse.

  3. 2 V 2 mar 2012 à 10:33

    Salam
    K, je trouve cela étrange que tu demandes aux gens de ne pas jouer sur les mots, et qu’en parallèle tu prétend que l’alcool est strictement interdit.
    Le Coran est très clair la dessus. L’Alcool n’est pas Haram. Point barre.
    Globalement, l’article est objectif.

    De plus, les versets cités dans l’article décrivent plus l’athmosphere de la société dans laquel le coran a été révélé qu’autre chose.
    Comme en temoigne le Coran, les sahabas sont loin de l’image vendu par les traditionalistes.

    Salam

  4. 3 Al Islamya! 9 juil 2012 à 10:15

    bon je vois qu’il a rien compris se que Allah voulait dire! franchement c’est vraiment du blasphème ce que tu dit mon frère. les plus gros fardos dans ce monde ces le sexe l’alcool et ets! voilà un hadith de Mouhammad SAW qui parle au gent qui ont les même raisonnement que vous: Abou Mâlik Al Ach’ari (radhia allâhou anhou) rapporte que le Prophète Mouhammad (sallallâhou alayhi wa sallam) a dit: « Il y aura parmi ma « oummah » (communauté) des gens qui considéreront le vin, le porc, la soie (pour les hommes) et les instruments de musique (« ma’âzif ») comme étant licites. » (Boukhâri)
    je suis toute à fais avec ce hadith au sujet de ces gens.

    voila un verset du coran qui parle aux gens qui pence comme toi mon frère:

    Versets 216-219, annoncent :  » Ils t’interrogent sur l’alcool et sur le jeu d’argent. Dis :  » En l’un comme en l’autre résident un péché grave et certaines utilités pour l’homme, mais dans les deux cas, le péché l’emporte sur l’utilité »

    «Dieu maudit le vin, celui qui le presse, celui à qui on le presse, celui qui le boit, celui qui le prend, celui à qui on le prend, celui qui le vend, celui qui le sert et celui qui à qui on le sert » Hadith rapporté par Al Bukhari,

    Le Prophète Salalahu alayhi wa salam a dit : « Celui qui croit en Dieu et au jour dernier, qu’il ne s’assoie pas à une table sur laquelle l’alcool est bu » (ad-Dârimî 2092, Ahmad 14241 ; voir aussi at-Tirmidhî 2801, Ahmad 126).
    voilà toute les preuves de l’interdiction de l’alcool, et arrêt de faire des tafssir du coran, par ce que tu incite aux gens de conssommer l’alcool. supprime ce site ce site peux égarer beaucoup de gens avec tes interprétation éronné

  5. 4 Laurent 26 juil 2013 à 13:54

    Je suis stupéfait de lire ces interprétations culturelles si éloignée du saint Coran. Nous sommes des Musulmans qui pouvons être uniquement guidé par la Parole de Dieu, et pas par la parole des hommes qui écrivent à partir de ce qu’ils ont compris de la Parole de Dieu.

    Le Coran n’a pas interdit catégoriquement l’alcool, il nous a recommandé de l’éviter :
    يقول الله تعالى ((يأيها الذين آمنوا انما الخمر و الميسر و الانصاب و الازلام رجس من عمل الشيطان فاجتنبوه لعلكم تفلحون. انما يريد الشيطان أن يوقع بينكم العداوة و البغضاء في الخمير و الميسر و يصدكم عن ذكر الله و عن الصلاة فهل أنتم منتهون))

    Ce que interdit le Coran, c’est l’ivresse au moment de la prière. Et comme la prière, c’est 5 fois par jours, il est proscrit de s’enivrer…

    Les objectifs de la révélation coranique (Esbab Enouzoul) vise une organisation sociale et culturelle des populations tribales d’antan basée sur le principe de ne point faire de préjudice ni à autrui ni à soi-même (Lè Dhararon walè Dhirar).
    L’islam a combattu les abus tout en annonçant l’avènement d’une société post barbare qui met fin à certaines pratiques et en introduisant des nouvelles valeurs tel que l’hygiène, le respect d’autrui, le pardon, la tolérance, l’amour de son prochain, l’assistance au nécessiteux, la décision collégiale des affaires..etc

    Quant au vin il a été cité trois fois dans Coran :

    Primo, dans la Sourate An-Nisâ (Les Femmes) verset « 43 » :
    « Ne vous approchez pas de la prière pendant que vous êtes ivre afin que vous seriez conscient de ce que vous implorer. Aussi lorsque vous venez de faire un acte conjugal et entre temps vous vous n’êtes pas lavé ».
    Il est bien claire que c’est un texte qui vient organiser la prière (Salât) et il n’interdit en aucun cas le vin.. le verset « 43 » est un texte organisationnel du rituel de la Salât.

    Secundo, dans la Sourate Al- Baqara (La Vache) verset « 219 » :
    « On vous interroge sur le vin et les jeux de hasard».
    Dis : « il y a des méfaits et des bienfaits et leurs méfaits surplombent leurs bienfaits ».
    On voit bien ici l’approche moraliste du Coran pour une utilisation modéré du vin et des jeux, comme Dieu le confirme dans la Sourate Al-A’Râf’ verset « 31 »:
    « Ô enfants d’ Adam, dans chaque lieu de Salât portez votre parure (vos beaux habits). Et mangez et buvez; et ne commettez pas d’excès, car Il (Allah) n’aime pas ceux qui commettent des excès ».
    Il s’avère aussi que les bienfaits consistent à ce que le vin provient d’une culture employante, cette culture met en valeur les terres pauvres et squelettiques, une culture industrielle, le vin est un produit surtaxé qui ne suscite pas les contestations des consommateurs et en même temps cette taxe aide à combler le déficit du budget de l’état..

    Tertio, dans la Sourate Al-Mâ’ida (Le festin) versets 90&91 ‘’
    [90] Ô les croyants! Le vin (dans le sens ivresse), le jeu de hasard, les pierres dressées, les flèches de divination ne sont qu’un acte malsain du Diable. Ecartez-vous en, afin que vous réussissiez ».
    [91] Le Diable veut, à travers le vin (dans le sens ivresse) et le jeu de hasard, créer entre vous la haine et le dédain, et vous détourner d’invoquer Allah et d’observer la Salât. Allez-vous donc y mettre fin (à cette question)? »

    Avant la révélation des versets 90&91 de la sourate « Le Festin » Omar Ibn Al-KHatab n’a pas arrêté de supplier le Prophète Mahomed en priant pour que Allah nous fait savoir une réponse rassurante à propos du vin (Bêyèn lana fi el-khamra bayènèn chêfiène) après la révélation de ces versets Omar a répondu « On a terminé, on a terminé ».
    On voit bien que dans la réponse de Dieu est venu suite à l’instance de l’orthodoxie des, Sahaba, compagnons du Prophète, Dieu énumère les impactes négatifs du vin en même temps Allah dit au verset [87] de la même Sourate.
    « Ô les croyants: ne déclarez pas illicites les bonnes choses qu’ Allah vous a rendues licites. Et ne transgressez pas. Allah, (en vérité,) n’aime pas les transgresseurs »

    Dans un Hadith du Prophète lors de la préparation d’une mission de courtoisie vers le Yémen où Abou Moussa et Mouâdh fussent élues comme messagers ils ont dit alors au Prophète « les gens du Yémen ont des boissons à base de céréale est ce que on boit ? » Alors le Prophète a dit « Buvez mais ne vous vous soûlez pas » (voir Bidayet el moujthed wa nihayet el moqtaced d’el Qortoubi fi bab kiteb el a-tîma wa el a-chriba)

    Donc l’islam a interdit l’utilisation abusive du vin et la dépendance à l’alcool considéré comme un fléau dévastateur responsable de tant de malheur.
    Certain musulman s’interdisent le vin mais se prennent des cuites à la bière. Ça vient d’une mauvaise interprétation du terme « vin ». Le « vin » est à interpréter comme « l’ivresse ».
    Relisez le Coran en Arabe, vous allez tomber sur le « vin » mais c’est à prendre dans le sens « ivresse » et non « breuvage contenant des grammes d’alcool ». Vous pouvez ne pas être d’accord avec cette façon de voir. Vous pouvez imaginer simplement que si vous laisser le terme « vin » comme étant à prendre bêtement comme étant du « vin », alors vous dites que le Coran ne condamne pas l’ivresse à partir de la bière, du cannabis ou de la cocaïne. Réfléchissez à pourquoi les vin est mis à côté des « jeux » : parce qu’il fait perdre la raison. Relisez le Coran avec des bonnes lunettes de vues et non des lunettes de soleil teintée par les hommes de cette terre. L’Islam est une religion qui fait appel à la raison et à la libre soumission à Dieu.

  6. 5 Marc.S 29 jan 2014 à 14:31

    Salam aleykoum wa rahmatoullah wa barakatouh.

    Voilà la réponse:

    http://islammedia.free.fr/Pages/islam-alcool.html

  7. 6 hach 7 fév 2015 à 14:54

    Le coran agit comme un medecin face à un patient, cela veut dire qu’il le conduit progressivement a se défaire de « cette dépendance » qui est lié à « l’enivrement « (quel qu’il soit , vin, alcool, bière, drogues naturelles ou synthétiques. ..etc ), il y a certaines boissons à base de dattes, raisins que le prophete buvait mais dés que la fermentation agissait sur la mixture il la renverssait.Ceci pour ceux qui resonnent  » si réellement l’alcool avait « un bien » à l’intérieur on en donnerait à nos bébés au biberon « ….donc dans son infinie sagesse « dieu », nous enjoint à ne pas consommer de produit pouvant « altéré » notre raison, métabolisme, faculté, âme, coeur, santé. …etc…sincèrement H.

  8. 7 tiede 13 fév 2015 à 14:10

    Bonjour à tous, Je pense que c’est très clair, l’alcool n’est pas strictement interdit dans le Coran. Seul l’ivresse pendant la prière est proscrite. Maintenant au sujet des hadith je vous renvoie à l’excellent article que je joint à mon commentaire. Merci.

    Successeurs autodésignés du Prophète, les califes et les oulémas n’ont fait, jusqu’à nos jours, que trahir l’esprit du Coran en s’appuyant exclusivement sur les hadiths, ces paroles prêtées au fondateur de l’islam

    Le Prophète de l’islam est le plus impopulaire parmi les fondateurs de religion. Si vous évoquez Confucius, Bouddha ou Jésus chez les non-chrétiens, on vous prête l’oreille. Dès que vous évoquez Mahomet devant un non-musulman, celui-ci est dubitatif, à juste titre. On voit trop d’images horrifiantes à la télé commises en son nom pour être tenté d’avoir envie de le connaître. Mes compatriotes algériens ont manifesté dans les rues d’Alger pour exprimer leur indignation devant les caricatures de Charlie Hebdo et crier que les frères Kouachi sont des martyrs. Or, y a-t-il un seul verset dans le Coran qui appelle à mettre à mort celui ou celle qui insulte le Prophète ? Aucun verset ne légitime le meurtre d’un blasphémateur, d’un hérétique ou d’un apostat. Aucun !
    Les musulmans ne puisent pas leur religion dans le Coran qu’ils prétendent être la parole de Dieu transmise par l’archange Gabriel au prophète Mahomet. Vous tombez à la renverse quand vous vous penchez sur ce que les musulmans appellent la ” charia ” – loi islamique – et que certains d’entre eux, par ignorance, souhaitent voir appliquée, et qui est en inadéquation avec le Coran. Vous découvrez, effarés, les massacres que les oulémas – théologiens – ont infligés à cette religion.
    Les références au Coran dans la chariasont minimes. Les oulémas s’appuient sur autre chose : le ” hadith “. Il s’agit d’un propos que l’on met dans la bouche du Prophète. Les djihadistesfanfaronnent qu’ils vont conquérir le monde. Est-ce le Coran qui leur a annoncé ces victoires ? Non. Mais le hadith, oui. Le Coran fait dire ceci au Prophète : ” Dis : je ne connais pas l’avenir, j’ignore ce qui sera fait de moi ou de vous… ” Pourtant, les djihadistes croient que le Prophète connaissait l’avenir et qu’il leur a même annoncé qu’ils conquerraient le monde.
    Les hadiths
    Tous les problèmes qui collent à la peau des musulmans proviennent de cette chose qu’on appelle le hadith. Le hadithn’est pas apparu par hasard sur leur route. Il y a des choses factuelles à savoir sur l’islam. D’abord, que le Prophète n’a pas désigné les califes qui lui ont succédé. Le premier traité de théologie rédigé dans l’histoire de l’islam s’appelle El Muwata, de l’imam Malik. Il ne contenait pas un seul verset du Coran. Il a été rédigé à la demande du calife – pour donner un avant-goût de ses moeurs : il enterrait vivants les opposants. Contemporain de l’imam Malik, il y a Ibn Ishaq, auteur de la première biographie de Mahomet. Ce livre a été la source de toutes les autres biographies apparues ultérieurement.
    Cette première biographie du Prophète a été écrite elle aussi à la demande du calife. Là, on est à peu près un siècle et demi après le Prophète. C’est au cours de cette époque que vont être écrites les premières compilations de hadiths et que va se cristalliser cette version de l’islam qui nous est parvenue aujourd’hui. C’est sous le règne des Omeyyades – dynastie de califes de 661 à 750 de notre ère – que le hadith est né et qu’il a été utilisé comme outil de propagande. Les Omeyyades ne se sont pas occupés de coucher par écrit les hadiths produits par leurs propagandistes. Ce sera l’affaire des Abbassides – dynastie de 750 à 1258 de notre ère – pour lesquels Ibn Ishaq a écrit une biographie du Prophète. Ibn Ishaq en a brossé un portrait sur mesure pour des califes sanguinaires.
    Le djihad dans le Coran n’a rien à voir avec celui pratiqué par les musulmans au lendemain de la mort du Prophète et tel que les héritiers des premiers califes le pratiquent aujourd’hui. Les fameuses conquêtes sont le premier grand péché commis par les musulmans. Ils ont décrété un djihad offensif, alors que cela est interdit par le Coran. Pendant les treize premières années de son apostolat, le Prophète et les premiers convertis sont persécutés, mais le Coran les somme de patienter. Ensuite, il y a eu ce verset : ” Il est permis à ceux qui sont combattus en raison de leur foi… ” Il est permis, mais auparavant cela ne l’était pas.
    Plus tard viendra un autre verset : ” Combattez sur la voie de Dieu ceux qui vous combattent, ne transgressez pas, Dieu n’aime pas les transgresseurs. ” Le Coran ne demandait pas aux habitants de la péninsule Arabique d’islamiser le monde, mais de s’islamiser eux-mêmes, ce qui signifie, quand on interroge les sourates, de se pacifier et d’arrêter cette culture de guerre et de razzia qui était la leur. Le Prophète n’a combattu que ceux qui l’ont combattu. On peut lui accorder ce crédit, ne serait-ce que parce que, dans la mesure où il écrivait lui-même les sourates, il ne pouvait se permettre de contredire l’enseignement dont il était porteur.
    ” Si ton Seigneur le voulait, tous les habitants de la Terre se convertiraient : est-ce à toi de contraindre les gens pour qu’ils deviennent croyants ? ” Ce verset date de la période mecquoise où le Prophète mettait du zèle à prêcher ses concitoyens. Même ce zèle, le Coran le lui a reproché. “… Que celui qui veut croire, croie, et que celui qui veut mécroire, qu’il mécroie… ” Et pourtant ! On se demande quel Coran ont lu les générations d’oulémas. Eux qui ont usé des rivières d’encre en fatwas liberticides, en excommunications et en appels au meurtre.
    Persécution
    ” Combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait point de fitna dans la religion… ” La fitna dans la religion, c’est la persécution des autres en raison de leurs croyances. Faire cesser la persécution religieuse est l’unique motif que le Coran assigne au djihadarmé. Le Prophète de son vivant s’est tenu à un djihadstrictement défensif, dans la mesure où il ne pouvait aller à l’encontre des sourates qu’il prétendait recevoir de Dieu.
    ” J’ai été envoyé, font-ils pourtant dire au Prophète, pour combattre jusqu’à ce que les gens se convertissent. ” Ce hadith est apparu à l’époque où les conquêtes faisaient rage. Les hadiths n’ont pas été écrits du vivant du Prophète. La plus grande mystification de l’islam réside dans sa définition même : quand vous demandez à un musulman ce qu’est l’islam, il s’empresse de vous répéter, sûr de lui, que sa religion est basée sur la profession de foi, la prière, la zakat, le ramadan et le pèlerinage : ils appellent cela les piliers de l’islam. Qui a arrêté cette définition ? On vous répond que c’est le Prophète. C’est totalement faux !
    Il s’agit certes de prescriptions coraniques mais ce ne sont pas des fins en soi. Elles ne sont qu’un moyen d’accéder à un but supérieur, la taqwa, la crainte révérencielle de Dieu, et cette taqwa signifie, quand on l’examine à la lumière des seuls versets du Coran, l’obligation faite au musulman d’être en permanence dans une dynamique de paix avec son prochain, quel qu’il soit.
    Ce sont les docteurs de la loi qui ont décidé que la définition de l’islam se limitait à une profession de foi et à quatre pratiques rituelles. Or, les premières compilations de hadiths apparues en contenaient beaucoup moinsque celles apparues plus tard. Ainsi, plus on s’éloignait du Prophète dans le temps, plus le volume des propos qui lui sont prêtés grossissait.
    Les ancêtres idéologiques
    Ce hadith où ils font dire au Prophète qu’il a été envoyé pour combattre les autres jusqu’à leur soumission est un de ces hadithsque les djihadistesressassent. Ces derniers n’interrogent jamais les textes qu’ils mettent en avant pour justifier leurs actions, ils s’en remettent à leurs ancêtres idéologiques. Le contenu des prêches dans les mosquées est composé jusqu’à nos jours à 80 % de hadiths. Les frères Kouachi et Coulibaly ne sont pas des martyrs. Ils sont tout au plus des victimes de ce qu’un sage musulman contemporain appelle un ” mensonge sophistiqué “. Les califes ont cherché à persuader les musulmans que le califat est consubstantiel à l’islam. Cela est faux, il n’y a aucun verset dans le Coran qui oblige les musulmans à être soumis à un calife.
    Cinquante ans après la mort du Prophète – 632 de notre ère – , les musulmans en sont arrivés à bombarder La Mecque et à endommager la Kaaba. Le calife auteur de ces bombardements s’appelle Yazid. Il est le premier dans l’histoire de l’islam à être arrivé au pouvoir par voie héréditaire. Yazid a régné pendant trois ans : il a massacré la famille du Prophète dont il a fait décapiter les mâles et pris les femmes en captivité.
    Savez-vous que des groupes de rebelles syriens donnent à leurs contingents les noms de ce Yazid et de son père ? Comment peut-on concilier l’islam avec des califes semblables ? Cela est la conséquence du grand malentendu qu’il y a dans la tête de ces musulmans, qui ne voient dans le passé que le prestige des victoires militaires. Ce sont ces dernières qui ont recouvert de prestige des califes sanguinaires et ont fait d’eux des modèles que les ahuris du djihadveulent égaler aujourd’hui. Ben Laden n’a pas interrogé le Coran pour savoir s’il avait le droit de détourner des avions remplis de civils innocents et de les lancer contre des bâtiments peuplés de civils innocents. Oussama Ben Laden est un pur produit des compilations de hadiths.
    ” Quand vous frappez sur la voie de Dieu, faites attention, et ne dites pas à celui qui vous dit paix : tu n’es pas un croyant… “” Quand vous frappez sur la voie de Dieu “, signifie : quand vous êtes en pleine bataille – contre un ennemi qui a commencé lui-même la guerre. Même dans ces cas, le verset enseigne au musulman qu’il n’a pas le droit de tuer son adversaire si celui-ci dit paix et dépose son arme. Si vous rappelez aux djihadistes les rudiments des lois coraniques, ils s’empressent de vous répondre par des hadiths et par des traditions qui remontent au Prophète et dans lesquelles on voit celui-ci tuer les prisonniers et massacrer les juifs. Ces abominations que les musulmans eux-mêmes ont imputées à leur Prophète, le Coran les récuse catégoriquement. Elles sont le fruit de la vassalité et de l’absence de scrupules des oulémas.
    Les musulmans européens font un grand tort à leur religion en la réduisant au port du voile et à la viande halal. Il y a dans le Coran des valeurs plus importantes que la prière, le ramadan et le pèlerinage réunis. ” Dieu ordonne la justice, la bienfaisance… ” Il est rare dans le Coran qu’un verset prenne un ton aussi solennel pour énoncer les priorités. Dans les compilations de hadiths, il n’y a aucun chapitre qui évoque la justice.
    Si on juge à l’aune du seul Coran, un pays comme la Norvège est cent fois plus musulman que l’Arabie saoudite.
    ParAli Malek

  9. 8 tiede 13 fév 2015 à 14:16

    Article paru dans le Monde et sur le Blog de l’auteur.

    Comment l’Islam est perverti par des fidèles.

    Merci à lui.

  10. 9 Sam 19 juil 2015 à 1:41

    Salam aleikoum.Ali Malek je comprends tes idées et j’avoues qu’en tant que convertie je n’entend parler que de hadiths. Authentiques, moins authentiques , alors on doit qe fier aux hadiths alors que les compagnons et les descendants etc ne sont pas tous d’accord sur enormement dz sujet sur l’islam.etc que le prophète sa faisait ainsi alors nous devons faire comme lui.mais le coran dans tout ça ? Franchement s’il ya des gens sectaires ou perdus c’est a cause de toutes ces langues qui ne savent même pas se mettent d’accord sur un seul et unique discours.chacun donne son avis sur l’islam.on ne sait plus qui écouter et même quand on veut s’en remettre au coran on se demande si la copie que l’on nous a vendu ou offert est est sûre ou falsifiée par des sectes.quand je les des hadiths je ne ressent pas du tout qu’ils sont sûrs d’eux.ce sont des hommes et quand on sait comme lhomme peut être fourbe et menteur alors on se méfie. Comment pouvons nous être sûrs que ces hommes on dit que des vérités ? Je pose peur être des questions haram mais pardonnez moi je cherche a comprendre et tout les jours je suis malheureuse de constater que lorsque je cherche a comprendre un verset etc il ya 100000 explications différentes. Comme sur la lapidation , c’est un gros gros bordel.salam aleikoum.

  11. 10 Oreste 14 nov 2015 à 12:16

    Aujourd’hui 14 novembre 2015, si j’étais un musulman en France, je serais dans la confusion et la honte.
    Et penser que les horreurs vécues hier soir à Paris sont le fruit d’interprétations erronées et surtout complètement archaïques du Coran me rendrait consterné.
    Ressaisissez-vous, libérez-vous et ne gardez de la religion que son bon esprit.
    Dieu vous garde…

  12. 11 stan smith 30 9 jan 2017 à 0:01

    Le problème de notre religion, aujourd’hui plus que jamais, C’est qu’on l’appréhende avec autre chose que nos propres yeux. Pour certains, c’est avec les yeux de nos ancêtres et pour d’autres, avec les yeux des juifs et des chrétiens; et d’autres encore, avec ceux d’athées. Dans tous les cas, on ne fournit pas l’effort de l’objectivité en adoptant une attitude qui soit neutre, examinant l’islam en lui-même, d’une manière scientifique.

    C’est pourtant ce que recommande et commande notre religion. Si cela était fait, l’islam ne serait plus ce qu’il est aujourd’hui : au mieux un simple culte; au pire, une caricature qui est l’œuvre aussi bien de ceux qui l’attaquent que de ceux qui croient le défendre. Aussi, l’on ne peut que se demander où est donc passée la culture islamique qui a fondé une civilisation universelle.

    Heureusement, des voix libres et des consciences pures commencent à dire tout haut ce que les vrais savants de l’islam pensent tout bas. Nous ne citerons ici que l’un d’eux, cheikh Moustapha Rached, docteur égyptien d’AlAzhar (1).
    Revenir à l’islam populaire

    Ce que je tente depuis quelque temps est cette approche scientifique à laquelle j’appelle, que tout croyant honnête ne peut que vouloir aussi. C’est ce que je poursuivrai dans le présent article.

    J’y soutiendrai l’affirmation véridique formulée en titre et qui en étonnera certainement — bien à tort — plus d’un : l’islam ne condamne pas la boisson enivrante, alcool et vin en tant que tels ; c’est l’ivresse qu’il réprouve et ses effets. Il ne s’agit même que de condamnation relative, relevant de la catégorie de ce qu’il est conseillé d’éviter. Pour tout croyant consciencieux, étudiant correctement le Coran et la Sunna en se libérant du conditionnement opéré par les jurisconsultes tant anciens que modernes, c’est la stricte vérité.

    Nous en donnerons ici la preuve textuelle en commentant les versets du Coran relatifs à la question ainsi que la tradition prophétique. En précisant l’origine de l’erreur grave qui colonise les esprits des musulmans depuis des siècles, nous en profiterons pour donner scientifiquement la conception authentique du péché en islam qu’il est temps aux musulmans de redécouvrir et de réactiver dans leur théorisation de la religion. Je dis théorisation, car dans la pratique et sans que le croyant s’en rende compte, cette conception est bien mise en oeuvre, ce qui explique le décalage qui a toujours existé entre l’islam populaire et l’islam institué ou institutionnel.

    C’est d’ailleurs une telle conception qui fait que l’islam populaire a toujours été, conformément à l’esprit d’origine de l’islam, parfaitement tolérant et ouvert à l’altérité. Il est temps qu’il le redevienne !
    L’interdiction est une création des jurisconsultes

    Disons, pour commencer, que s’il y a une interdiction qui a prévalu en islam jusqu’à nos jours relativement à tout ce qui est alcool, qu’il soit vin ou autre produit alcoolisé, c’est le fait de la jurisprudence.

    Or, cette exégèse obéissait aux lois de son époque et ne peut durer éternellement, l’éternité étant le propre des préceptes coraniques et non des interprétations humaines qui peuvent et doivent varier selon leur temps pour rester en harmonie avec les exigences en évolution des humains et de leurs sociétés.

    Pourtant, les musulmans se sont contentés de se reposer sur le travail d’interprétation de leurs devanciers et n’ont plus cherché à interpréter les textes sacrés pour en adapter la compréhension à leur époque. Cela est bien évidemment contraire à la lettre et à l’esprit de l’islam qui appelle à l’effort continuel. C’est pour cela que l’islam, selon un dire du prophète bien connu, demeure en évolution constante, devant être renouvelé chaque début de siècle.

    Comment cela serait-il donc possible sans que les fidèles reviennent au Coran et à la Tradition de leur prophète pour les relire et les réinterpréter au vu non seulement du texte et sa forme, non seulement au vu de la société et sa morale à un moment donné de l’histoire, mais aussi et surtout de l’esprit et des visées de la loi religieuse et de la mentalité qui évolue des humains en leur communauté restreinte comme universelle, l’islam étant ouvert par définition à l’altérité et à tous les acquis de l’humanité.
    L’islam respecte les libertés humaines

    Car l’islam est fondamentalement libéral. Ainsi, après avoir démontré qu’il n’est aucune interdiction en islam de l’apostasie et de l’homosexualité (2), nous démontrons dans cet article que l’alcool et le vin, toute boisson enivrante n’est pas interdite en islam, car ce n’est que l’ivresse qui l’est. Aussi, nous pensons que le musulman qui boit du vin et ne s’enivre pas le fait sans pécher nullement; surtout, il lui faut veiller particulièrement à ne pas faire ses prières en étant ivre. Je dirais même : en ne touchant pas à l’alcool, par sécurité et respect total pour la prière.

    Au fond, ne vaut-il pas mieux un tel musulman qui boit une boisson enivrante et qui s’applique à ne pas verser dans l’excès en sachant qu’ainsi il ne pèche pas que les musulmans que nous voyons chez nous abuser de l’alcool avec le sentiment de pécher, et pour cela ne se retenant plus de s’enivrer ?

    En levant le tabou de l’interdiction, nous aurons des musulmans responsables veillant, s’ils ne peuvent se retenir de boire de l’alcool, à véritablement respecter leur religion en n’allant pas jusqu’à l’état d’ivresse. C’est la mesure qu’ils apprendront; or, tout est dans la mesure !

    Une telle tempérance, d’ailleurs, n’est-ce pas la juste façon de boire, que cela soit de l’alcool ou de toute autre boisson ? C’est assurément la règle d’or en matière d’alimentation et de vie. C’est à la mesure et à la tempérance que l’on reconnaît normalement le vrai musulman, cet être libre et libéré de toute soumission, sauf à son créateur avec lequel il a un rapport direct.

    Pour cela, il ne doit pas y avoir d’interdiction en des matières relevant de l’ordre de la vie privée où c’est le libre arbitre qui est seul en mesure de prouver notre foi et sa sincérité. Or, on sait que les hypocrites ne manquent pas et n’ont jamais manqué en islam, et ce depuis le début. C’est d’ailleurs à l’amenuisement au maximum de cette part du diable, inévitable dans la psychologie humaine, que l’islam fait de l’effort maximal, le Jihad Akbar, le seul jihad digne de ce nom en islam. Tout le reste n’est qu’enfantillage et fausse foi depuis la naissance de l’État de l’islam.
    Les textes coraniques sur l’alcool

    Citons à présent les textes du Coran relatifs à la boisson enivrante. Nous les reproduisons dans la traduction d’une dame qui a su s’imposer aux musulmans grâce à son érudition et dont nombre de machistes cherchent toujours à occulter le sexe en se limitant, consciemment ou inconsciemment, à ne mentionner que l’initiale de son prénom : Denise Masson.

    Il s’agit des versets suivants :
    البقرة 219 : «يسألونك عن الخمر والميسر قل فيهما أثم كبير ومنافع للناس وإثمهما أكبر من نفعهما».

    La vache (219 ) : «Ils t’interrogent au sujet du vin et du jeu de hasard, dis : Ils comportent tous deux, pour les hommes, un grand péché et un avantage mais le péché qui s’y trouve est plus grand que leur utilité.»
    المائدة 90 – 91 «يا أيها الذين آمنوا إنما الخمر والميسر والأنصاب والأزلام رجس من عمل الشيطان فاجتنبوه لعلكم تفلحون * إنما يريد الشيطان أن يوقع بينكم العداوة والبغضاء في الخمر والميسر ويصدكم عن ذكر الله وعن الصلاة فهل أنتم منتهون».

    La Table servie (90 – 91) : «Ô vous qui croyez ! Le vin, le jeu de hasard, les pierres dressées et les flèches divinatoires sont une abomination et une oeuvre du Démon. Évitez-les… — Peut-être serez-vous heureux — * Satan veut susciter parmi vous l’hostilité et la haine au moyen du vin et du jeu de hasard. Il veut ainsi vous détourner du souvenir de Dieu et de la prière. — Ne vous abstiendrez-vous pas ?—»
    النساء 43 : «يا أيها الذين آمنوا لا تقربوا الصلاة وأنتم سكارى حتى تعلموا ما تقولون»

    Les femmes (43) : «Ô vous qui croyez ! N’approchez pas de la prière, alors que vous êtes ivres — attendez de savoir ce que vous dites !»

    Ce sont ces versets qui sont utilisés pour justifier une interdiction mythique puisque, comme on le voit, il n’y est aucune interdiction. À tout le moins, pour pratiquer le raisonnement par l’absurde, s’il y avait interdiction, elle ne serait nullement expresse, directe, claire et sans ambiguïté.

    À ces versets, nous ajoutons trois autres où il est aussi question de vin, boisson enivrante ou alcoolisée, et qui renforcent à la fois l’absence d’interdiction ou l’ambiguïté quant à l’attitude du Coran en la matière ;
    محمد 15 : «مثل الجنة التي وعد المتقون فيها أنهار من ماء غير آسن وأنهار من لبن لم يتغير طعمه وأنهار من خمر لذة للشاربين».

    Muhammad (15) : «Voici la description du Jardin promis à ceux qui craignent Dieu. Il y aura là des fleuves dont l’eau est incorruptible, des fleuves de lait au goût inaltérable, des fleuves de vin, délices pour ceux qui en boivent.» النحل 67 : «ومن ثمرات النخيل والأعناب تتخذون منه سكرا ورزقا حسنا إن في ذلك لآية لقوم يعقلون».

    Les Abeilles (67) : «Vous retirez une boisson enivrante et un aliment excellent des fruits des palmiers et des vignes. — Il y a vraiment là un Signe pour un peuple qui comprend ! —»
    سورة المطففين 25-28 : «يُسقون من رحيق مختوم* ختامه مسك وفي ذلك فليتنافس المتنافسون * ومزاجه من تسنيم * عينا يشرب بها المقرّبون».

    Sourate des Fraudeurs (25-28) : «On leur donnera à boire un vin rare, cacheté par un cachet de musc — ceux qui en désirent peuvent le convoiter — et mélangé à l’eau de Tasnim, une eau qui est bue par ceux qui sont proches de Dieu.»

    Tout comme la Bible (3), le Coran présente donc la vigne parmi les bienfaits de Dieu et les élus boiront du vin au Paradis, puisqu’il y est des fleuves de ce nectar, un vin qui n’enivre point.
    Interprétation des textes coraniques

    La première chose à noter est que le Coran ne procède nullement par interdiction. Ainsi, il n’emploie pas, par exemple, des expressions claires comme : «Il est interdit» ou «telle chose est prohibée», comme c’est le cas dans d’autres matières où l’interdiction est explicite.

    Les jurisconsultes ont bien évidemment trouvé des explications à cette attitude qui ne manque pas d’interpeller sur l’intention divine prohibitionniste comme ils le prétendent. Le plus incorrect et le moins islamique dans ces interprétations, c’est non pas la thèse développée qui se respecte étant un effort d’interprétation, mais le fait de vouloir en faire une loi divine. Ainsi, on passe du texte coranique où il n’est nulle obligation à une interprétation humaine qui fait loi contre le Coran. Cela mérite d’interpeller toute conscience libre de tout vrai musulman.

    De plus, ce qui relativise la validité de l’interprétation qui a prévalu à ce jour de nos fuqahas, c’est que Dieu précise bien qu’il est des avantages dans le vin à côté de ses inconvénients. Or, au lieu de s’interroger sur la manière de maximiser les avantages et minimiser les inconvénients, on préfère la solution de facilité de tout rejeter. Comme s’il pouvait y avoir sur terre quelque chose purement bonne ou purement mauvaise. Le croire, c’est ôter la raison même de toute religion, surtout la nôtre, qui fait d’ici-bas une terre d’épreuve pour un perfectionnement jamais atteint.

    Par ailleurs, il est à noter que le terme qu’on traduit souvent par péché en la matière n’a pas nécessairement en arabe le sens français de transgression de la loi divine. En effet, le terme إثم signifie ce qui emporte exclusion de la rétribution et dont il faut se méfier; ainsi le mensonge en est (4). On voit bien que la gravité est loin d’être la même que celle du terme français consacré. Il en va de même de l’autre expression où le vin est qualifié d’oeuvre du diable رجس. Terme polysémique, il veut dire entre autres : le mal, le sale et la saleté, le puant au propre comme au figuré. On l’utilise aussi pour la punition et par extension pour les idoles. Mais c’est aussi le doute et l’hypocrisie (5). On voit ainsi le décalage entre le sens commun et la vérité sémantique.

    Dans un cas comme dans l’autre, ce n’est pas le vin proprement dit qui est concerné, mais ses effets manifestés par l’ivresse. Donc, c’est l’excès de vin qui est l’oeuvre du diable; car tout excès est diabolique. Un excès de justice ne vire-t-il pas en excès d’injustice comme le soutenaient déjà les anciens ? (6)

    Dans le Coran, au pire, le vin ou l’alcool sont considérés comme à éviter, ce qu’on appelle مكروه (7) mais jamais interdits; la seule interdiction en cette matière est tout à fait logique et elle concerne la prière qu’il est prohibé de faire en étant ivre. C’est ce que dit textuellement le texte coranique; ce qui permet de supposer, paroxystiquement par syllogisme, qu’on peut s’adonner à l’ivresse en dehors de la prière. Il reste que le Coran étant un tout dont le croyant est tenu d’interpréter les versets les uns par rapport aux autres, cela ne saurait être soutenu, la tempérance étant de règle en islam; et l’ivresse est donc à éviter.

    Toutefois, le verset ne reste pas moins une bonne illustration de la licéité de l’alcool en islam, puisqu’il implique a contrario que si jamais l’on se laisse allers à l’excès de ne pas boire raisonnablement au point de l’ivresse, il est impératif alors de bien veiller à ne pas faire ses prières dans cet état. On voit à quel point l’islam a élevé la tolérance et l’esprit de miséricorde divine.

    Mais, répétons-le : la position de l’islam reste bien claire en matière de boisson enivrante : il est nécessaire de garder son contrôle sur soi et ne point le perdre; aussi, on doit éviter non pas de boire, mais de boire jusqu’à l’ivresse qui est le résultat d’une intempérance que l’islam réprouve.

    Pour montrer encore l’incorrection de l’interprétation actuelle, notons que le premier verset de la Table servie, cité ci-dessus, a été interprété par les fuqahas comme une interdiction indirecte de toucher à l’alcool. Or, il ne faut pas oublier que ce verset est lié au suivant, ce qui prouve que cette interdiction indirecte porte encore sur l’ivresse et ses méfaits, surtout sur le fait de ne pas faire la prière dans un tel état.

    Il va de soi que la plus grande preuve de la licéité du vin en islam reste son existence au paradis. Il est bien précisé, en effet, que c’est un vin qui n’entraîne pas l’ivresse, le croyant demeurant maître de lui-même. Aussi, il suffit au musulman sur terre de boire du vin comme il boirait celui du paradis. Cela veut dire de ne pas en boire au point de perdre ses esprits et tomber en ivresse. Boire raisonnablement, c’est éviter d’être ivre; alors, on ne viole pas la loi religieuse qui ne prohibe, au mieux, que l’ivresse.
    La Tradition prophétique en matière d’alcool

    S’agissant de la Sunna authentique(8), nous ne trouvons, bien évidemment que ce qui conforte ce que nous venons d’exposer du Coran. Ainsi, Mouslem et Boukhari rapportent les dires suivants : —(9) كل مسكر حرام

    — «Tout ce qui est enivrant est illicite»(10) — كل ما أسكر عن الصلاة فهو حرام (11)— «Tout ce qui enivre éloignant de la prière est illicite » (12)

    — كل مسكر خمر وكل مسكر حرام، ومن شرب الخمر في الدنيا فمات، وهو يدمنها، لم يتب، لم يشربها في الآخرة — Tout ce qui est enivrant est du vin et tout ce qui est enivrant est illicite. Or, quiconque boit du vin ici-bas et meurt alcoolique, sans s’en repentir, n’en boira pas dans l’au-delà.(13)

    — من شرب الخمر في الدنيا ثم لم يتب منها حرمها في الآخرة(14) — Quiconque boit une boisson enivrante ici-bas sans s’en repentir, en sera privé dans l’au-delà.(15)
    Interprétation de la Tradition prophétique

    On voit bien que la Sunna parle d’ivresse et d’alcoolisme; et pour toute sanction divine, elle prévoit juste la privation dans l’au-delà. Toutefois, et la Tradition est claire, la punition n’est prévue que pour quiconque s’accoutume à la boisson enivrante au point de ne plus pouvoir s’en passer; c’est bien d’alcoolisme qu’il est question.

    D’ailleurs, on trouve dans les Sahihs un chapitre consacré à la licéité de la boisson alcoolique tant qu’elle n’enivre pas.(16) On y raconte aussi que lors de la nuit du voyage nocturne الإسراء on présenta à l’Envoyé de Dieu deux coupes, l’une contenant du vin et l’autre du lait, en précisant qu’il choisit le lait. Cela prouve qu’aucune réprobation ne concerne le vin en tant que tel sinon il n’aurait pas été présenté au prophète. Aussi, quand on conclut l’histoire par l’exclamation de Jibrîl que si le prophète avait choisi le vin, sa communauté se serait égarée, cela prouve deux choses : que le prophète aurait bien pu prendre la coupe de vin, d’une part, et que l’égarement de sa communauté serait venu de l’abus de vin jusqu’à l’alcoolisme. Ce qui confirme cette analyse, c’est que les Arabes étant réputés être portés à l’excès, surtout du temps de l’Antéislam; c’est d’ailleurs l’un des vices que leur religion est venue corriger. (17)

    On trouve de plus chez Mouslem les conditions qui ont amené la révélation supposée de l’interdiction de la boisson alcoolisée et qui concernaient un comportement fort répréhensible de la part de Hamza, oncle du prophète, causé par l’ivresse.

    S’agissant de la sanction, il est clair qu’elle concernait plutôt des faits d’ivresse. Et malgré cela, il est établi que le prophète n’édicta aucune sanction à part ce qu’il pratiqua de sa vie et qui était plus symbolique qu’autre chose. En effet, la seule peine connue du temps du prophète était de frapper l’ivre, tantôt à l’aide de palme, tantôt de sandales. Ce n’est que du temps d’Abou Bakr que les 4O coups de fouet firent leur apparition.(18) Il ne fait aucun doute que la tradition de flageller s’est répandue après le prophète qui disait juste de frapper celui qu’on lui amenait en état d’ébriété.(19)

    D’ailleurs, on lit chez Boukhari que Ali Ibn Abi Talib a bien confirmé que le prophète ne fit aucune recommandation précise au sujet de la punition; et faisait attention, pour sa part, à ne pas trop faire de mal quand il châtiait, estimant que si le puni devait mourir sous ses mains, il serait redevable du prix du sang.(20) Quelle plus belle preuve de l’erreur de nos jurisconsultes qui condamnent sévèrement non pas l’ébriété, mais le simple fait de toucher à l’alcool !

    Car c’est bien pour ébriété que le prophète a sanctionné. Par ailleurs, ce qui est important à dire ici, c’est que ce n’est pas la question de savoir si une peine a été prescrite ou pas; puisque la peine si elle était prescrite l’était assurément pour une époque révolue. Et avec l’évolution du temps, elle ne reste pas inscrite dans le marbre puisque notre religion se veut adaptée parfaitement aux exigences de son temps et donc évolue, seuls son esprit et ses visées étant éternels. Ainsi, aujourd’hui, appliquerait-on l’ablation de la main, pourtant expressément prescrite ?
    Influence de la tradition judéo-chrétienne

    Il est clair que l’interprétation faite par nos jurisconsultes dans le sens de l’interdiction en islam du vin et de toute boisson enivrante vient de l’influence de la tradition judéo-chrétienne. Il ne faut pas oublier, à ce propos, ce que rappelait Ibn Khaldoun à propos des savants musulmans qui étaient pratiquement tous non Arabes :( 21) في أن حملة العلم في الإسلام أكثرهم العجم

    Cela veut dire que les exégètes de l’islam qui a été révélé en arabe devaient connaître cette langue et ses subtilités; ce que ces savants firent de la meilleure façon qui soit. Il n’empêche, et les sciences psychologiques et sociologiques le démontrent aujourd’hui assez, ils n’ont pu se défaire d’une certaine influence, bien que souvent inconsciente, de leur milieu d’origine marqué par une tradition judéo-chrétienne évidente.

    Or, comme l’islam est venu rétablir la vérité en matière de révélation abrahamique, ses exégètes n’ont pu que puiser dans la tradition abrahamique ce qui ne leur a pas semblé contraire à l’esprit de la nouvelle religion, osant interpréter cet esprit au vu de celui des religions judaïque et chrétienne. En la matière, ils ne faisaient certes que se conformer à une tendance généralisée dans la société, une morale ambiante, un esprit d’ensemble. Or si cela était valable pour cette époque-là, il ne peut plus l’être aujourd’hui.

    Pourtant, et on l’a noté ci-dessus, il n’existait pas non plus dans la Bible une condamnation du vin ni des boissons enivrantes. Il ne demeura pas moins qu’on y trouvât de quoi orienter l’exégèse du Coran, des dispositions spécifiques qui ont été généralisées.(22)

    Aujourd’hui, la sécularisation ayant triomphé en Occident, on est unanime à dire que les Écritures saintes n’interdisent pas le vin, mais condamnent l’ivresse et ses effets. Ce qui est assez juste au vu des textes de la Bible; mais cela n’était pas nécessairement l’interprétation dominante à l’époque de la constitution du fiqh musulman.

    Cela venait surtout de la notion du péché qui était dichotomique dans la tradition judéo-chrétienne alors qu’elle était dans la tradition grecque plutôt contradictorielle (23) comme on dit aujourd’hui, c’est-à-dire acceptant l’harmonie et la complémentarité des contraires. La langue arabe en donne d’ailleurs la plus parfaite des illustrations qui accepte le sens et son contraire. Ainsi, encore une fois, l’islam était-il, dans les textes coraniques, en avance sur son temps.
    La vraie conception islamique du péché

    La conception islamique du péché était donc plutôt conforme à une tradition antérieure à la tradition judéo-chrétienne qui est la tradition grecque oubliée par l’Occident. On sait désormais, d’ailleurs, que c’est la civilisation musulmane qui a ramené l’Occident à son héritage grec.

    En effet, il existe dans la pensée grecque une distinction importante entre ce qui est qualifié de péché et ce qui relève de la «pollution».(24) Si l’on peut agir sur le péché, arriver de diverses manières à l’éviter, on a affaire à une sorte de péché automatique avec la pollution qui est aussi impitoyable qu’un virus, et est donc indépassable. Par conséquent, il nous faut accepter une telle fatalité, «faire avec», comme on dit. Ainsi, pour la nature humaine, le péché est ponctuel, mais la pollution est structurelle. Et il importe de reconnaître cet aspect des choses pour aboutir à une sorte de sagesse de la nécessité. Or, c’est le cas en islam qui fait une telle distinction.

    Le lieu n’est pas indiqué ici pour nous étendre sur la théorie islamique du péché (on y reviendra); appliquée à l’alcool, cette théorie permet au musulman d’être en mesure d’adopter, dans sa vie quotidienne, une posture existentielle, sage et équilibrée, intégrant le mal qu’on ne peut dépasser et qu’il nous faut dompter. C’est tout le sens et la philosophie de l’effort maximal, الجهاد الأكبر en islam.

    En matière de boisson alcoolisée, la logique islamique n’est donc pas celle d’un quelconque dépassement du mal, mais d’une tension jamais achevée vers la perfection, qui n’ignore pas l’imperfection, en faisant même un élément essentiel de la vie. C’est la voie vers Dieu du pécheur qui est ainsi toujours croyant tant qu’il est engagé sur cette voie, et surtout s’il est dans la bonne direction. Peu importe s’il traîne ou prend même une fausse orientation, l’essentiel est qu’il continue son parcours vers Dieu. C’est ce que les Soufis ont compris avec leurs notions de طريقة (voie) et de سالك : l’itinérant vers Dieu ou encore le pèlerin.

    Nous y reviendrons dans la section qui suit; mais disons tout de suite que c’est cette conception grecque réhabilitée par l’islam que la conscience occidentale a répudiée en réalisant une partition aberrante entre le bien et le mal, devenus ainsi antagonistes. Une telle coupure radicale a pris naissance assez tôt marquant la tradition judéo-chrétienne et dessinant les contours du conflit métaphysique entre le bien et le mal que les sciences modernes récusent désormais en admettant une part d’ombre nécessaire pour l’équilibre psychologique de l’être humain.(25)
    Le vin, symbole du nouveau vivre-ensemble islamique

    Pour finir, notons que le vin est pris chez nos soufis comme une preuve éminente de piété; ainsi, il est souvent utilisé comme un symbole de l’amour divin. Il s’agit, bien sûr, du vin du paradis, celui dont on boit sans s’enivrer. Ainsi, Nabolsi dit : « Ce vin, c’est l’amour divin éternel qui apparaît dans les manifestations de la création.» (26)

    Lisons aussi ces beaux vers du poème «Le vin de l’ivresse» de Hafez qui provoqua tant l’admiration de Goethe :

    La nuit dernière, j’ai vu les anges qui frappaient à la porte du cabaret,

    qui pétrissaient l’argile d’Adam pour en façonner des coupes.

    Ceux qui résident au-delà du voile sacré, les purs de l’univers angélique,

    m’ont tenu compagnie, à moi, le mendiant des rues, pour boire le vin de l’ivresse.(27)

    Goethe

    Les soufis nous ont donc donné depuis longtemps la recette magique pour honorer l’islam authentique. Sur terre, pour les musulmans du commun des mortels, il suffit de faire pareil aux bienheureux du paradis et suivre leur exemple en buvant de l’alcool, s’ils ne peuvent s’en retenir, tout en veillant à ne jamais trop boire, ni boire jusqu’à l’ivresse. Ils veilleront ainsi à rester pieux en buvant juste la quantité que l’organisme permet sans la moindre altération du contrôle sur soi.(28)

    C’est un peu comme quand on veut conduire une voiture; on veille à ne pas dépasser la dose qu’autorise l’alcotest, au-delà de laquelle il est interdit de conduire aussi bien pour sa propre sécurité que celle d’autrui. Il en va donc de même pour le croyant, son alcotest devenant son respect des prescriptions religieuses pour bien se conduire en société et ne pas avoir à provoquer d’accidents dommageables pour tous. On voit encore une fois à quel point l’islam était en avance sur son temps, inventant une sorte d’alcotest social pour le fidèle !

    Cela, nos soufis l’avaient compris depuis bien longtemps en assurant qu’il n’y avait point d’opposition entre une foi honorée de la meilleure façon qui soit en s’en tenant au Coran et à la Sunna et à rien d’autre, tout en ne contrariant pas sa nature, y compris, s’il le fallait, par la consommation de boisson alcoolisée. Écoutons donc ce que disait Omar Kayyam s’adressant aux faux musulmans du salafisme (29) :
    يا مدعي الزهد أنا أكرم منك، وعقلي ثملا أحكم تستنزف الخلق، وما استقي، إلا دم الكرم، فمن آثم؟

    Il nous faut peut-être ici rapatrier dans nos sociétés musulmanes cette publicité occidentale qui disait ceci : «un verre, ça va ! trois verres, bonjour les dégâts !» En l’occurrence, les dégâts relèveront à la fois de l’ordre civil et religieux. Et voilà notre religion redevenue civile en notre État civil consacré par la nouvelle constitution !

    Notre société est donc appelée à se réformer en réformant sa législation basée sur nombre de méprises religieuses. Ainsi, on ne reniera point nos racines religieuses, mais il s’agira de racines qu’on aura déterrées de sous les immondices qui ont manqué de les tuer.

    Cela permettra à l’arbre de l’islam de revivre de nouveau et de produire les plus beaux fruits comme avant, alors qu’aujourd’hui il n’a plus de fruits que ce qui s’est pourri sur des branches elles-mêmes en train de mourir. Et c’est surtout faute de racines revitalisées grâce au travail d’entretien nécessaire que notre religion ne recommande jamais assez, ayant même fait une loi de la renaissance de l’islam à chaque début de siècle. Or, nous sommes au début d’un nouveau siècle ! C’est le vivre-ensemble de l’islam reconquérant les esprits, mais un islam tolérant et démocratique, un islam postmoderne, l’i-slam !

    Écoutons encore ce que disait du vin le poète andalou Ibn AlFaridh annonçant ce que la spiritualité islamique pourrait apporter comme bienfaits à l’Occident matérialiste si les musulmans savaient renouer avec les trésors de leur religion afin d’en faire justement la foi universelle qu’elle est en tant que sceau des révélations :

    « Si les souffles de son parfum s’exhalent en Orient, un homme privé d’odorat devient dans l’Occident capable de les sentir. »(30)

    Et terminons en beauté avec le génial Hafez (31) :
    وشارب الخمر الذي لا رياء فيه ولا نفاق خير من بائع الزهد الذي يكون فيه الرياء وضعف الأخلاق

    Notes

    1- Il est inutile ici de donner une référence, il suffit de taper le nom du cheikh sur internet pour avoir accès à des informations le concernant. Notons qu’il a obtenu un doctorat à l’université d’AlAzhar en soutenant brillamment que le voile n’est nullement une obligation islamique.

    2- Nous y avons consacré deux articles sur nawaat avant de publier les deux essais, en arabe puis français. Cf. Pour le renouvellement du Lien Indéfectible 1. L’apostasie en islam 2. L’homosexualité en islam, Afrique Orient, Casablanca, Maroc, février 2014 — في تجديد العروة الوثقى، 1- حقيقة الردة في الإسلام 2. – حقيقة اللواط في الإسلام، أفريقيا الشرق، الدار البيضاء، المغرب، نوفيمبر 2013

    3- L’Ancien Testament place le vin parmi les bonnes choses procurées à l’homme par la Providence, cf. par exemple ce qu’on lit dans la Genèse : «Que Dieu te donne de la rosée du ciel Et de la graisse de la terre, Du blé et du vin en abondance !» (27 : 28) ou dans le Deutéronome «Je donnerai à votre pays la pluie en son temps, la pluie de la première et de l’arrière-saison, et tu recueilleras ton blé, ton moût et ton huile» (11 14). Bien entendu, le moût ou moût de raisin est le jus de raisin destiné à la fermentation.

    4- Voir, par exemple : معجم المصطلحات والألفاظ الفقهية د. محمود عبد الرحمن عبد المنعم، دار الفضيلة، القاهرة، الجزء الأول، ص 58

    5- Op. cit. 127 الجزء الثاني، ص

    6- Summum jus summa injuria, disaient les Romains; une règle de droit toujours pertinente.

    7- Sur le sens religieux du terme, cf. معجم المصطلحات والألفاظ الفقهية، الجزء الثالث، ص 324

    8- Nous ne considérons véritablement authentique que la Sunna telle que rapportée par les deux Sahihs en privilégiant les dits prophétiques présents aussi bien chez Boukhari que chez Mouslem

    9- Pour Mouslem, nous avons utilisé la version suivante : صحيح مسلم بشرح النووي، المكتبة العصرية، بيروت، 2007 – 148 / 5 كتاب الأشربة –

    10- La traduction est de nous.

    11- Cf. Mouslem, op. cit.

    12- La traduction est de nous.

    13- La traduction est de nous.

    14- Pour Boukhari, nous avons utilisé la version suivante : صحيح البخاري بشرح النووي، المكتبة العصرية، بيروت، 2007 – 148 / 5 كتاب الأشربة –

    15- Pour Boukhari, nous avons utilisé la traduction suivante : Sahih al-Boukhari traduction et commentaire, tome 4, Al Qalam éditions, Paris 2008, p. 347.

    16- Il s’agit notamment du نبيذ. que d’aucuns traduisent en sirop non enivrant obtenu à partir de dattes en précisant qu’il était servi au prophète. Cf. la traduction française de BouKhari, op. cit.tome 4, p. 359.

    17- Cf. BouKhari, traduction française, op. cit. tome 4 p. 348.

    18- Cf. Boukhari, traduction française, op. cit. tome 5, p. 10-11.

    19- Cf. Boukhari, traduction française, op. cit. tome 5, p.11-12

    20- Cf. Boukhari, traduction française, op. cit. tome 5, p. 13.

    21- C’est le titre du chapitre 43 de la partie 6 de la Muaqddima. Cf. تاريخ البن خلدون، دار الكتب العليمة، الطبعة الثانية، 2003، ص 228. Le chapitre commence ainsi : من الغريب الواقع أن حملة العلم في الملة الإسلامية أكثرهم العجم، وليس من العرب حملة علم، لا في العلوم الشرعية ولا في العلوم العقلية، إلا في القليل النادر. وإن كان منهم العربي في نسبه، فهو أعجمي في لغته ومرباه ومشيخته، مع أن الملة عربية صاحب شريعتها عربي.

    22- Par exemple, Lévitqiue : “Tu ne boiras ni vin, ni boisson enivrante, toi et tes fils avec toi, lorsque vous entrerez dans la tente d’assignation, de peur que vous ne mouriez” (10 : 9), cela concernait les prêtres en fonction qui avaient une obligation d’abstinence de vin selon la loi mosaïque – Nombres : “Il s’abstiendra de vin et de boisson enivrante” (6 : 3), cela concerne ce qu’on appelle Naziréat, ceux qui se destinent à Dieu, pour lesquels l’abstinence de vin était aussi une des obligations – Juges : “Maintenant prends bien garde, ne bois ni vin ni liqueur forte, et ne mangue rien d’impur.” (13 : 4), c’est aussi pour le Naziréat précité (voir aussi 13 : 7 et 13 : 14) – Proverbes : “Le vin est moqueur, les boissons fortes sont tumultueuses; Quiconque en fait excès n’est pas sage” (20 : 1) – Isaïe : “Malheur à ceux qui ont de la bravoure pour boire du vin, Et de la vaillance pour mêler des liqueurs fortes” (5 : 22) –.Luc : “Car il sera grand devant le Seigneur. Il ne boira ni vin, ni liqueur enivrante, et il sera rempli de l’Esprit Saint dès le sein de sa mère” (1 : 15) – Éphésiens : “Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche; Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit’” (5 : 18):

    23- Cf. par exemple, la postface du livre capital de Gilbert Durand, Les Structures anthropologiques de l’imaginaire, Bordas, 1969.

    24- Voir sur cette question Dodds (E.R.) Les Grecs et l’Irrationnel, Paris, Gallimard, p. 46. On peut aussi lire à ce sujet l’œuvre importante de Michel Maffesoli qui nous inspire ici : La part du diable, Champs, Flammarion, p. 46.

    25- Ainsi, dans la tradition augustinienne, le mal n’existe pas en soi, il est qu’une «privation du bien» (privatio boni).

    26- Cf. Nabolsi, Commentaires de la Khamriya الخمرية d’Ibn ul-Fâridh ابن الفارض, traduction d’Émile Dermenghem : L’Éloge du Vin, Paris, 1931, Véga éd ومطلع القصيدة هو : شربنا على ذكر الحبيب مدامة | سكرنا بها من قبل أن يخلق الكرم

    27- Hâfez Shirazi حافظ الشيرازي, poème traduit par R. Lescot, in Anthologie de la poésie persane (11e-20e s.) , textes choisis par Z. Safâ, Paris, 1964, Gallimard éd. p. 261. Pour plus de détails sur le vin dans la poésie arabe musulmane, on peut consulter en ligne avec intérêt l’article suivant الخمر والشعر في الحضارة العربية الإسلامية للمستشرق يوحنا كريستوف بيرجل تجمه عن الألمانية وقدم له الباحث فابت عيد

    28- Les Romains disaient ainsi que la vérité est dans le vin ; In vino verita. Cela signifiera pour le musulman que le vin lui permettra de vérifier s’il est bien pieux en ne buvant que la dose qu’il faut afin de rester maître de lui-même, ne jamais être en état d’ivresse, et donc se conformer à sa religion.

    29- أحمد رامي : الترجمة العربية لرباعيات الخيام، دار العودة، بيروت، 1983، ص 28

    30- ‘Omar ibn ul-Fâridh : al-Khamriya, traduction d’Émile Dermenghem : L’Éloge du Vin, Paris, 1931, Véga éd. Voici le vers en arabe : ولوعبقت في الشرق أنفاس طيبها | وفي الغرب مزكوم لعاد له الشم

    31- أغاني شيراز أو غزليات حافظ شيرازي، ترجمةإبراهيم أمين الشواربي، القاهرة 1944، ص 68

  13. 12 Laurent S 14 fév 2017 à 21:21

    Salamalaukoum a tous et toutes.
    Je ne pretend pas etre un grand erudit de l islam, ca fait 5 ans que je suis musulman,donc j ai deja consommé de l alcool auparavant, et je suis sure que ceux qui pretendent qu on peut on consommer sans s ennivrer savent que deja avec 1 ou 2 verres notre facon de penser change ainsi que nos priorités…
    Au fond de nous,on sait tous qu il n y a rien de bon dedans.
    Ceux qui se base sur les verset qui dit qu il y a un bien dans le vin mais que les inconvénients l emporte, j ai lu récemment un texte sur la vie des arabes a l époque pre islamique,qui lorsqu ils s ennivraient essayaient de rivaliser a qui seraient le plus genereux envers les pauvres et de meme les gains des jeux de hasards etaient presques toujours distribué au pauvres…
    Je pense qu il y a la l explication a ce verset!
    Enfin pour tout ceux qui ont des doutes sur les hadiths,je tiens a dire que la majorité des hadiths viennent soit des compagnon du prophete,soit de ses epouses,des gens pieux qui ont passés leurs vies a ces côtés et croyaient en sa mission et savaient qu il trahissaient Dieu si ils forgeaient un mensonges sur le prophetes.
    Maintenant je ne dit pas que tous les hadiths sont justes…
    Pour finir,je vous conseille de lire la biographie du prophète ainsi que de ces compagnon,notamment des 4 premiers califes,qui etaient certainement de meilleurs musulmans qui nous ne le seront jamais.
    Et vous verrez comment ils se comportaient avec l alcool apres etre devenu musulman.
    Salamalaykoum wa rahmatoulah wa barakatou.
    Puisse Dieu nous guider.

  14. 13 Karon 26 mar 2017 à 18:59

    La véritable menace contre la République et le vivre-ensemble ne vient pas du Front National mais bien du GOUROU islamo-NAZI Benoit Hamon. Benoit Hamon, islamo-gauchiste affirmé et proche de la mouvance identitaire incarnée par Soral, Julien Rochedy, Hervé Ryssen, Richard Spencer ou encore Amine Mojito a ré-affirmé son adoration à l’idée de « camps de la mort » dans le but de GAZER 6 MILLIONS DE JUIFS afin d’assurer la transition énergétique. Ce même Benoit Hamon, proche de Swagg Man et de son groupe de death métal satanico-pédophile SEWER, a affirmé vouloir instaurer un « Quatrième Reich » pour « en finir avec la République Judéo-Maçonnique ». Un tel complotisme islamo-identitaire dans une élection présidentielle c’est du JAMAIS VU ! En outre, Benoit Hamon est un ancien membre de la CIA, pro-Serbe et pro-Bachar Al Assad qui veut « exterminer les fils d’Israel » selon un communiqué donnée sur son site officiel. Benoit Hamon est également un grand ami du groupe de black métal sataniste SEWER qui a produit des albums tels que NECROPEDOSADOMASO !!! Cherchez « SEWER NecroPedoSadoMaso Hamon » dans Google vous ne serez pas déçu !! Voter pour Hamon c’est voter pour le terrorisme, le death métal satanique, le sexe sur animaux, le Bataclan et la haine du JUIF !!!! Un génocide programmé par cette racaille haineuse et islamo-nazi qu’est BENOIT HAMON !!! Le sang des enfants syriens tués par Bachar Al Assad avec la complicité de Trump, Hamon, Poutine et Amine Mojito !!!! Benoit Hamon, Adolf Hitler, CIA, NecroPedoSadoMaso… même combat raciste et haineux… et ANTISÉMITE !!! Une seule alternative, voter EMMANUEL MACRON !!!§

    p

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