leport du voile est-il exigé par le Coran Mohamed Talbi

Que dit le Coran ?

Que dit le Coran sur le voile ? Rien. Mais strictement rien. Nulle part, il n’est question de la tête de la femme. Le mot « cheveux » (sha’ar) n’y existe tout simplement pas. Dieu ne dit ni de les couvrir ni de les découvrir. Ce n’est pas Sa préoccupation principale, et Il ne fit pas descendre le Coran pour apprendre aux gens comment se vêtir. Le terme ash’âr, pluriel de sha’ar, n’y intervient qu’une seule fois (XVI : 80) pour désigner le poil de certains animaux domestiques. Rien, donc, dans le Coran, ne dit aux femmes explicitement de se couvrir les cheveux.

Le terme voile, dans le sens qu’on lui donne aujourd’hui, ne fait pas partie du vocabulaire coranique. Le voile est une création de la charia. Le Coran emploie trois termes que l’on a interprétés, à notre sens, d’une façon abusive dans le sens de voile : hijâb ; jilbâb ; khimâr.

Voici les premiers textes, qui concernent les épouses du Prophète exclusivement :

« Croyants ! n’entrez pas dans les appartements du Prophète, sauf si vous êtes invités à un repas, sans être là à en attendre la cuisson. Si vous êtes invités, entrez. Le repas terminé, retirez-vous, ne vous attardez pas à converser familièrement. Cela importune le Prophète, et il a honte de vous le manifester. Mais Dieu n’a pas honte de la Vérité. Si vous demandez quelque chose à ses épouses, faites-le derrière une tenture (hijâb) : c’est plus pur pour vos cœurs et pour les leurs. Il n’est pas convenable pour vous d’importuner le Messager de Dieu, ou de vous marier avec ses épouses après lui. Cela, jamais ! Cela, auprès de Dieu, serait une grave offense. Du reste, que vous manifestiez quelque chose, ou que vous le cachiez, Dieu est, de toute chose, omniscient. Nul blâme pour elles en ce qui concerne leurs pères, fils, frères, fils de leurs frères, fils de leurs sœurs, leurs servantes ou leurs esclaves. Et qu’elles craignent Dieu, Dieu qui de toute chose est témoin » (Coran XXXIII : 53-55).

À propos de la descente de ce verset, des commentateurs rapportent cette anecdote, qu’il faut situer en mai 627, après la bataille d’Al-Khandaq : un jour, le Prophète était assis avec Aïcha (614-678) à ses côtés. Le chef des Ghatafân, qui avait participé aux côtés des Mecquois au siège de Médine deux mois plus tôt, fit brusquement irruption dans sa chambre. C’était la coutume et le Prophète en souffrait sans oser se plaindre. Aïcha avait alors 13 ans. Elle était une adolescente, une ravissante rousse. Ébloui par sa beauté, le chef des Ghatafân, selon l’usage courant, fit au Prophète une proposition d’échange avec son épouse qui, dit-il, était la plus belle créature du monde. À Médine, on spéculait alors sur sa mort pour se partager ses épouses. Aïcha fut accusée d’adultère d’adultère et l’on jasait dans la ville. C’était trop. Il fallait mettre fin aux atteintes à l’honneur du Prophète et soustraire ses femmes aux convoitises dont elles étaient ouvertement l’objet. Le vase était déjà plein. Il déborda, et ce fut la descente du verset susmentionné, dit du hijâb, qu’il faut situer dans son contexte historique et social.

Quelque temps après, dans la même sourate, un verset vint fixer, pour les femmes en général, y compris les épouses du Prophète, quelques règles de décence dans leur tenue vestimentaire hors du foyer, vu les conditions de vie à Médine :

« Ceux qui offensent Dieu et Son Messager, Dieu les maudit ici-bas et dans l’au-delà, et leur a préparé un châtiment humiliant. Ceux qui offensent les croyants et les croyantes, pour des méfaits qu’ils n’ont pas commis, ils se rendent coupable d’une calomnie et d’un péché avéré. Prophète ! dis à tes épouses, à tes filles et aux femmes des croyants de rapprocher sur elles une partie de leur mante (yudnîna ‘alayhinna min jalâbîbihinna). Cela est plus sûr pour qu’on les reconnaisse. De la sorte, on ne les offensera pas. Et Dieu est Pardon et Miséricorde. S’ils ne cessent pas – les hypocrites, ceux dont les cœurs sont malades et ceux qui propagent des rumeurs à Médine –, nous t’inviterons alors à sévir contre eux, et ils ne t’y voisineront pas longtemps. Ils sont maudits. Partout où on les attrape, on s’en empare, et on les met à mort sans pitié. » (Coran XXXIII : 57-61).

Il faut penser que ces mesures et ces menaces de sévir contre les dépravés de Médine n’avaient pas suffi pour moraliser les mœurs dans la ville, car les recommandations de décence furent reprises quelque temps plus tard dans la sourate Al-Nûr (« La Lumière ») :

« Dis aux croyants de retenir leurs regards et de préserver leur sexe. Ils n’en sont que plus purs ainsi, et Dieu est bien informé de leurs agissements. Dis aussi aux croyantes de

retenir leurs regards, de préserver leur sexe, de n’exhiber de leur beauté que ce qui habituellement en apparaît, et de rabattre leurs voiles sur leurs décolletés (li-yadhribna bikhumûrihinna ‘alâ juyûbihinna). Qu’elles n’exhibent leur beauté que devant leur époux, leur père, beau-père, fils, beau-fils, frères, neveux par les frères ou les sœurs, leurs servantes, leurs esclaves, parmi les hommes, aux gens de leur maison non sujets à suspicion, et aux enfants qui n’ont pas encore découvert l’intimité des femmes. Qu’elles ne claquent pas des pieds pour attirer l’attention sur leurs beautés cachées. Revenez tous à Dieu – croyants ! – pour espérer être parmi les heureux » (Coran XXIV : 30-31).

Pas un mot dans ces textes ne concerne la coiffure de la femme. Le Coran ne parle pas du voile.

Par Mohamed Talbi

 

Pour compléter, l’ordre divin pour se couvrir les cheveux n’est explicite nulle part,

d’ailleurs.. se couvrir quoi avec le voile ? est ce qu’il faut se couvrir avec un voile stricte sur les cheveux comme on le fait en Iran, ou toute la femme comme c’est le cas en Afghanistan ou en Arabie ? ou alors faut il couvrir les cheveux avec un leger voile comme c’est le cas en Indonésie ou en Mauritanie ? ou ne pas se couvrir du tout ? celà n’est-il pas plutôt culturel que purement religieux ?
le concept de 3awra n’est défini nul part dans le Coran, à dessein à mon sens, car Dieu fait justement confiance à la capacité de raisonnement des êtres humains et à leurs qualités d’adaptation aux evolutions selon l’endroit et le temps ou ils vivent..

le verset en arabe :
leport du voile est-il exigé par le Coran Mohamed Talbi dans Islam coraniste 33_59

9 commentaires à “leport du voile est-il exigé par le Coran Mohamed Talbi”


  1. MAV CACHAREL 8 mar 2009 à 18:12

    Bonjour, le probleme musulmun m’a toujours interppelé.j’ai juste une petite question à vous poser, c’est que mohamed est d’accord avec tout ce que Jesus a dit tels que JESUS reviendra juger les vivants et les morts, et JESUS pour lui c’est un prophete, et en suite il demande aux musulmuns de respecter les prophetes de DIEU.Mais pourquoi dit il encore que JESUS N’est pas le fils de DIEU alors que tous les grands prophetes de la bible reconnaissent que JESSUS LE FILS viendra. Pour plus d’explication je vous conseil de lire ESAIE 53 pour n’en citer que ce verset vous comprendrez qu’il y’a contradiction chez les musulmuns.merci que DIEU vous benisse

  2. garbi 9 fév 2010 à 14:31

    Jesus n’est pas un messager mais un messie dans car dans le Coran Jésus est appelé le messie. Le mot revient dans 5 versets et peut-être 6 : 4.171 , 4.172 , 5.17 , 5.72, 5.75.

    Le verset 3.45 semble aussi le dire, bien que cela ne soit pas toujours traduit ainsi en français.

    A chaque fois, c’est aussi l’occasion de rappeler que Jésus n’est pas le fils de Dieu, par exemple :

    * 4.171. ô gens du Livre (Chrétiens), n’exagérez pas dans votre religion, et ne dites d’Allah que la vérité. Le messie Jésus, fils de Marie, n’est qu’un Messager d’Allah, Sa parole qu’Il envoya à Marie, et un souffle (de vie) venant de Lui. Croyez donc en Allah et en Ses messagers. Et ne dites pas “Trois”. Cessez ! Ce sera meilleur pour vous. Allah n’est qu’un Dieu unique. Il est trop glorieux pour avoir un enfant. C’est à Lui qu’appartient tout ce qui est dans les cieux et sur la terre et Allah suffit comme protecteur

  3. lamine 23 juil 2010 à 1:37

    il faut s’argumenter aussi des hadiths non

  4. hindaoui 18 fév 2011 à 20:42

    On voit que dieu s’occupe personnellement des épouses de son prophète et surtout de AÏCHA(13ans).Il est jaloux, très jaloux le barbu du ciel, aussi jaloux que son prophète. Un vrai délire divin.Il est évident qu’il y a beaucoup à nettoyer dans le coran, comme « thou el karnéïne ».Il faut un carchere puissant d’une puissance de 14 sièclesMC².

  5. Fairouz boudali 13 juin 2011 à 22:31

    Si vous lisez cette nouvelle compréhension du Coran ,dans ce lien, vous verrez que le voile n’est pas obligatoire dans l’islam
    lumieredieu.blogspot.com

  6. tounsi 29 juin 2011 à 18:46

    Message pour hindaoui:

    Selon quel critère tu veux nettoyer ?
    Donnes-moi juste un critère objectif et (ou) mesurable pour nettoyer (contradiction avec la science, offense aux droits des hommes, refus de l’autre, non adaptation à notre époque…etc…). Je te laisse le choix, mais merci de bien réfléchir avant de se lancer, et de bien fonder l’argumentation avec les versets inculpés…
    « Tout inculpé a le droit d’être présumé innocent tant qu’il n’est pas déclaré coupable ».
    Merci.

  7. kone 14 sept 2011 à 15:05

    j’ai juste quelques questions à savoir: qui interprète les versets du coran ? sur qui le musulman prend exemple ? les versets du coran sont descendus sur qui ? ALLAH (swt) dit dans le saint coran : en ce messager vous avez le meilleur des exemples…

  8. Ben lasseur 16 oct 2011 à 2:10

    Heureusement qu il y a des intellectuelles comme Mohamed talbi pour rappeler certaines evidences. Mon reve serait de le remercier pour Tout ses ecrit ses empruntes indellibile dans l histoire. C est un Grand homme et il merite le respect. La Tunisie se bat pour la liberté mais cette liberté meme la femme et surtout elle y a droit! Elle s est battu pour ca ! Ne reculons pas ! La femme n est pas que l image maternelle, s est une personne qui a doit s exprimer et arrêter de se voiler la face! De se cacher!

  9. Musulmane 10 avr 2012 à 2:39

    Bonsoir Monsieur Mohamed Talbi , c’est pour la première fois que je lis l’un de vos article puisque ce dernier est une ébauche concernant le port du voile et je suis musulmane donc je me dois de le commenter .
    Il s’avert que vous avez mal interprété la aya suivante « li-yadhribna bikhumûrihinna ‘alâ juyûbihinna  » puisque en arabe dans le dictionnaire si vous cherchez bien , vous allez trouver que  » khumûrihinna  » ou encore  » alkhumar  » est toute chose qui permet de couvrir la tête et donc  » ach’ar  » puisqu’il est en relation directe avec la tête . Encore  » juyubihinna  » c’est la tête ou le cerveau ( cela revient au même ) donc le verset est claire et net concernant le fait de se couvrir la tête avec un voile.
    Alors cela dit , d’un autre coté les femmes dans le temps de notre prophète sws portaient des habits qui étaient longs avec des manches longues donc ce qui a été demander aux femmes c’est de cacher leurs cheveux pour limiter la « fitna « . et ainsi prendre exemple des femmes du prophète sws .

    Il est malheureux de voir ce genre d’interprétation du coran sans connaissances de causes .. et il est malheureux de remettre en cause différents verset du coran qui sont claire …

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